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l'Ecran Miroir

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Soirée HK – 01 : Martial Club

Soirée HK – 01 : Martial Club

 

Un film de Liu Chia-Liang produit par Shaw Bros (1981) avec Gordon Liu, Johnny Wang & Kara Hui.


Un DVD Wild Side de la collection « les Essentiels Shaw Bros » (2007).

 

Résumé DVDToile : Alors qu'ils exécutent en public une danse du lion, les disciples de Maître Zhang sont provoqués par les élèves agressifs du fourbe Maître Lu. Maître Wong Kei-Ying, à la tête d'une troisième école et père de Wong Fei-Hung, tente de réconcilier les deux hommes, en vain. L'incident n'empêche pas Fei-Hung, et son ami Yin-Ling, disciple de Maître Zhang, de parader dans les rues en cherchant la bagarre. L'inévitable se produit : ils tombent sur un adversaire redoutable qui n'est autre qu'un Maître venu du Nord de la Chine et recruté par Maître Lu dans le but de faire plier les écoles concurrentes...

 


Un « rapido » par Vance

 

Alors que se profile ma troisième « soirée kung-fu » (initiée avec mes enfants lors d’un Halloween : ma fille refusant de voir des films d’horreur, on a opté pour ce genre – et on ne l’a pas regretté), me reviennent en mémoire quelques impressions sur les grandes réussites et découvertes des précédentes. Très consciencieusement guidé par les spécialistes du forum DVDVision à qui j’avais demandé une sélection représentative des « meilleurs films d’arts martiaux », j’avais acquis quelques-unes des pièces maîtresses de cette catégorie, comme les premiers Il était une fois en Chine, la 36e Chambre de Shaolin ou Opération Condor. Je me gardais bien de les diffuser à la suite et les tempérait par la projection de Hero ou Tigre & Dragon que ma fille adorait déjà.


Martial Club voit la confirmation d’un talent incontestable des films HK d’avant la grande période des câbles (vous savez, avec ces acrobaties surhumaines où les personnages semblent en apesanteur) : Gordon Liu, acteur énergique, au corps taillé pour la lutte et au visage impassible. Il joue ici l’incontournable Wong Fei-Hung, dans sa jeunesse – et fait plutôt honneur à ce héros mythique qui a également été incarné par, entre autres, Jet Li et Jackie Chan. Son côté solennel irradie littéralement l’écran e donne plus de poids à ses passes d’armes où la virtuosité des gestes le dispute à la brutalité des coups. Pas de montage effréné pour tenter d’accélérer le rythme : les combattants virevoltent devant une caméra placide et font preuve d’une souplesse hallucinante. Bien qu’on n’ait pas encore les trouvailles géniales des grands moments de Il était une fois en Chine, on passe son temps à s’ébaubir devant les prouesses des maîtres. L’apothéose vient avec le (long et incroyable) duel final en plein cœur de la ville, dans des espaces tellement étroits qu’il leur faut redoubler d’attention et d’ingéniosité pour mettre en défaut l’adversaire. Et puis, de temps à autre, ces « accès » de comédie avec quelques gags renforçant le caractère puéril des jeunes Fei-Hung et Yin-Ling : c’est assez déconcertant de voir Gordon Liu rigoler. Signalons aussi la présence magnétique de la craquante Kara Hui (les 8 Diagrammes de Wu-Lang), vraiment impressionnante d’aisance et de fougue.


La seule faiblesse de ce métrage de 103 minutes est que le personnage de Wong Fei-Hung ne semble pas évoluer entre sa première confrontation avec le maître venu du nord (où il se fait rapidement humilier) et le finale dans les ruelles où il est grandiose : on ne ressent pas cette progression dans son art qui est si captivante dans les autres œuvres fondées sur l’initiation.


Pas un seul temps mort, cela dit : une sorte d'aura martiale respectueuse se dégage de l'ensemble, avec un film sans cadavre doublé d'une grande leçon à double sens.