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l'Ecran Miroir

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[critique] Harry Potter & l'Ordre du Phénix

[critique] Harry Potter & l'Ordre du Phénix

[critique] Harry Potter & l'Ordre du Phénix

l'Avis de Nico

Après les quelques réserves émises par certains fans au sujet du précédent film, Harry Potter & the Order of the Phoenix s'est retrouvé dans les mains du jeune réalisateur Yates, dont c'était le premier film.

Un choix surprenant, le film est loin d'être le plus facile à adapter au cinéma. Il faut dire que c'est mon Harry Potter préféré en livre et que je l'attendais avec beaucoup d'impatience, notamment pour savoir comment l'histoire allait être condensée en un seul et unique film. Il s'agit du film le plus court pour le plus long des livres. Pour la première fois, le scénario n'a pas été confié à Kloves, mais à Goldenberg. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances : le film est à la fois très bien mis en scène et très bien adapté par rapport au matériau de base plutôt complexe. 

Dès le début, on sent que Yates a envie de s'approprier l'univers, avec une réalisation inventive. Cette scène au jardin d'enfants est très belle, avec une musique très douce, et une photo remarquable. Peu à peu le film bascule et la mise en scène devient plus nerveuse. L'effet caméra à l'épaule est très lisible et rythme la scène avec les Détraqueurs d'une manière inédite dans la série du sorcier. Cet effet de style m'a beaucoup plu car il ajoute une autre dimension au film. Il renforce la crédibilité déjà amorcée par Cuaron

D'autres idées m'ont également vraiment enthousiasmé telles que la narration par les articles de journaux (simple, parfaitement compréhensible et très efficace pour une question d'adaptation). En fait, après Cuaron, c'est le réalisateur qui insuffle le plus de vie à ce monde. C'est d'ailleurs, juste après the Prisoner of Azkaban, celui que je préfère. 

Par contre, contrairement à ce dernier, il faut avoir vu les précédents épisodes pour totalement le comprendre. C'est le film qui amorce le plus gros changement de la série : à partir de the Order of Phoenix, l'histoire s'accélère, les éléments s'imbriquent, et les épisodes seront fortement dépendants les uns des autres. 

Du coup, c'est un film de transition, qui ne raconte pas grand chose de terriblement palpitant, mais qui installe le climat de stress et la dictature qui seront au cœur de la suite. 

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Ici, plus de coiffures "négligées", tout le monde rentre dans le rang. Il y a une direction artistique très intelligente : Harry a les cheveux courts, les uniformes reprennent leur place, et les vêtements "normaux" des personnages sont dans des teintes qui correspondent parfaitement (Harry est souvent en bleu par exemple, Ron en vert ou en jaune avec des rayures sur la plupart de ses fringues, et Hermione est souvent en rose). 

L'histoire nous conte la prise de pouvoir insidieuse du ministère dirigé dans l'ombre par celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Ainsi le récit insiste d'avantage sur le côté psychologique que sur le côté spectaculaire. La montée en puissance de Umbridge est au centre du film, son ascension est très bien retranscrite malgré des ellipses évidentes. Reste que j'aurais apprécié que le réalisateur s'attarde encore plus sur elle : la séquence de la punition, lorsqu'Harry écrit avec son propre sang, est un peu courte, ses altercations avec McGonagall, Trelawney ou Dumbledore ne sont pas assez montrées... 

Mise à part cette légère déception d'ordre scénaristique, je n'ai absolument rien à redire sur le reste du film. 

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Les décors retrouvent une élégance proche de celle de Cuaron, la maison de Sirius est à l'identique de ce qui est écrit dans les livres, le ministère est glacial et imposant (mention spéciale au Hall des prophéties, premier décor entièrement généré via ordinateur de la série, l'objectif étant de donner une impression de hauteur et profondeur abyssale, un peu comme les mines du film de Jackson). 

J'ai adoré les entraînements dans l'auberge ou dans la salle sur demande, les acteurs gagnent encore d'avantage en complicité, et je pense que cela fait du bien au public de les retrouver tous ensemble après un quatrième film trop centré sur Harry au détriment du reste.

La relation d'Harry avec Snape est assez fidèle, et le flashback où l'on apprend que le père d'Harry n’est pas si parfait que ça est plutôt bien fait (j'ai pas trop aimé le jeune acteur Potter, il a l'air peut être un peu trop méprisant, et je pense qu'il manque une scène pour expliquer les sentiments d'Harry après cette vision). 

Les interprètes sont de nouveaux remarquables, surtout Lynch qui joue une Luna un peu fofolle très convaincante et Staunton qui est totalement dans son personnage d'Umbridge. Ravi de voir l'actrice qui joue Tonks, elle donne en l'espace de quelques scènes une véritable épaisseur à son rôle (les cheveux qui changent de couleur par exemple). Bonham Carter est bien entendu excellente. 

Cette fois ci même Filch se paye de très bons moments. 

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Les effets spéciaux oscillent entre le très bon (les Sombrals, les incantations) et le très décevant (Graup). En fait, ce film fait un peu office de liaison entre les films de Colombus aux effets spéciaux ratés et les films de Cuaron et de Newell aux effets crédibles. Dans les Harry Potter il y a deux types de créatures : celles qui pourraient paraître quasiment vraies tellement elles sont réussies (l'hippogriffe, le dragon, Kreatur, Lupin, même le basilic) et celles qui font artificiel, qui seraient plus à leur place dans un autre univers, dans un dessin animé par exemple (le troll, Graup, Dobby l'elfe, les fantômes, et les centaures du premier film). 

La musique est excellente, elle arrive à apporter la touche magique et fantaisiste un peu absente du film, bravo Hooper. C'est aussi la meilleure bande originale après celle de Williams de the Prisoner of Azkaban

Un film qui se recentre sur l'essentiel, sur les rapports entre chaque personnage, qui cherche la magie ailleurs que dans les effets spéciaux, qui nous offre un spectacle dans le ministère très impressionnant et qui donne vraiment envie de connaître ce qu'il va se passer dans le prochain the Half-Blood Prince

 

Yates est un bon réalisateur. 

[critique] Harry Potter & l'Ordre du Phénix

 

Titre original

Harry Potter & the Order of the Phoenix

Réalisateur 

David Yates

Date de sortie en salles

11 juillet 2007 avec Warner Bros.

Date de sortie en DVD

11 janvier 2008 avec Warner Bros.

Scénario 

Michael Goldenberg d’après l’œuvre de J.K. Rowling

Distribution 

Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Gary Oldman & Ralph Fiennes

Photographie

Slawomir Idziak

Musique

Nicholas Hooper

Support & durée

Blu-ray Warner (2011) regio ALL en 2.35 :1 /138 min

 

Synopsis : Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Prodiguant aux élèves des cours sans grand intérêt, celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à tout faire pour rabaisser Harry. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, "L'Armée de Dumbledore", pour leur enseigner l'art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s'annonce...

l'Avis de Vance

Enfin ! La Coupe de feu semblait avoir sonné le glas de mes espérances, plombant le rythme cinématographique de la saga tout en en écrivant les grandes lignes avec lourdeur et maladresse. Harry Potter & l’Ordre du Phénix redonne sa saveur à la saga : il semble en effet reprendre le flambeau du précédent tout en en limitant les maladresses et les ruptures de rythme et en posant les bases de la confrontation finale attendue. Même s'il souffre encore d'un montage chaotique (l’adaptation de ces pavés de plusieurs centaines de pages n’est pas le point fort du scénariste, Goldenberg qui remplace Steve Kloves) qui laisse beaucoup trop entrevoir les nombreuses élisions effectuées dans le script, ce film se permet le luxe de faire entrer dans le circuit bon nombre de nouveaux personnages tout en conservant un œil sur d'anciens seconds rôles ; ça donne certes une impression étrange – surtout quand on n’est pas lecteur des romans ! -, comme si on n'avait qu'une ébauche d'une œuvre plus vaste, mais grâce à une rupture de ton salvatrice et une mise en scène plus nerveuse, on découvre enfin les dessous de cet univers de sorciers.

Enfin, de la magie et de l'émerveillement ! Enfin, un souffle épique gentiment disséminé tout au long du métrage ! La photographie, plus lumineuse, permet de jouer sur les contrastes et les atmosphères : l'ambiance du Ministère de la Magie est très réussie, Poudlard révèle encore d'autres secrets dans ses corridors médiévaux, tout comme la forêt sombre qui l'entoure. L’héritage des partis-pris de Cuaron est assumé avec application. Mais l'important est bien dans ce lien qui se renforce entre nos trois héros, comme également avec ceux qui acceptent de les suivre. Loyauté, amitié et un brin de romance se révèlent dans une histoire récupérant des segments entiers du Cercle des poètes disparus, où les acteurs semblent enfin pénétrés de leur rôle (c’est la première fois, à mon sens, que Radcliffe est crédible et, si Bonham Carter surjoue affreusement, Rickman continue à donner de l’épaisseur à un personnage de plus en plus intriguant et complexe) ; j'ai beaucoup aimé la partition musicale de Hooper qui confère au métrage un ton plus proche de l'épopée.

A l’opposé, quel dommage que les duels de sorciers soient toujours aussi plats, frisant le ridicule, et que les apparitions de Voldemort soient aussi mal gérées, cependant le finale est enfin à la hauteur et augure de très bonnes choses pour la suite. Je concluerai en affirmant que David Yates s’en sort relativement bien – d’autant que ce n’était pas gagné d’avance.

Ce film dispose aussi de la plus belle image jusqu'ici en blu-ray, particulièrement bien définie et très naturelle, et une piste en VO moins tonitruante mais très bien claire, avec des dialogues qui se détachent bien sur un fond sonore parfaitement audible.