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l'Ecran Miroir

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[DVD] Cycle Carpenter n°7 : New-York 1997

[DVD] Cycle Carpenter n°7 : New-York 1997

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Un film de John Carpenter (1983) avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Harry Dean Stanton, Isaac Hayes & Donald Pleasance.

 

Un DVD zone 2 distribué par Studio Canal (2003), VOST 5.1

95 minutes

 

L’histoire : En cette fin de siècle, pour faire face à la criminalité envahissante, on a décidé de faire de l’île de Manhattan une prison. Les repris de justice y sont abandonnés à leur sort et tout accès est coupé. Un mur d’enceinte, des miradors et des patrouilles en hélicoptère empêchent toute tentative d’évasion. Mais un avion s’écrase sur l’île, et c’est celui du Président de la République, en route pour une conférence internationale. Bientôt, il faut se rendre à l’évidence : le Président est sauf, mais aux mains d’une horde de détenus qui font régner la loi sur Manhattan. Une solution : y envoyer quelqu’un capable de survivre dans cet enfer. Et ce quelqu’un est Snake Plissken…

 

Une chronique de Vance Challenge Carpenter

 

 

S’aventurer dans un challenge comme le Défi Carpenter demandait obligatoirement qu’on passe par la case Russell. Ce double du réalisateur, son prolongement à l’écran (on apprend dans une interview présente dans l’édition collector que j’ai visionnée que Kurt Russell pourrait être un jumeau de John Carpenter s’il n’était pas politiquement « très à droite d’Attila » !) comme Léaud l’était pour Truffaut ou Johnny Depp pour Burton, a su dès sa première apparition dans la filmographie du maître s’imposer comme le véhicule évident pour l’image de ce héros trop cool pour être honnête qu’il affectionnait : c’était dans le téléfilm devenu culte le Roman d’Elvis [lire la critique chez Cachou]. Immédiatement après, voilà Kurt grimé en Plissken, ex-soldat d’élite, vaguement hors-la-loi et clairement hors du système : barbe de huit jours, un bandeau sur l’œil, une démarche féline et l’air de se foutre de tout, sauf, peut-être, de sa propre survie. Peu loquace, mais efficace et dur à la tâche, un de ces anti-héros irrésistible, au charme magnétique et au charisme indestructible.

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Plissken a fasciné des millions de jeunes spectateurs et il est pour beaucoup dans le statut du film.

New-York 1997 est une dystopie, une vision ouvertement pessimiste d’un monde qui part à vau-l’eau et pour lequel les mesures les plus drastiques semblent désespérément tardives. Carpenter en a conservé le script plus de dix ans – inspiré d’une nouvelle de Harry Harrison, l’auteur de Prométhée en orbite et surtout Soleil vert -, ne trouvant aucun éditeur sensible à ses arguments, jusqu’à ce que les succès d’Halloween et de Fog l’aident à convaincre Larry Franco et Debra Hill de financer ce film.


On a déjà tout écrit dessus et souvent avec passion. Un récit mêlant guerilla urbaine à une anticipation cynique mérite d’être étudié avec soin, surtout lorsqu’il est construit avec cette méticulosité propre aux jeux vidéo, posant les bases des futurs films d’action. Pourtant, une fois dissipés les brumes de l’adoration adolescente, on se retrouve face à une œuvre séduisante mais dont l’ineptie de certains dialogues (je ne parle pas des répliques blasées de Snake ni du running gag : « Snake Plissken ? Je te  connais. Je te croyais mort ! ») et l’aridité des décors (le film a été tourné en partie à Saint-Louis, dont le centre-ville venait de subir un grand incendie), ainsi que la pauvreté des scènes d’action, entachent le plaisir de suivre le périple de Snake dans un univers terriblement fascinant, promenant sa coolitude exacerbée et son sens de la dérision à l’aune de la maîtrise formelle de Carpenter. Ses mélodies percutantes et son sens du cadre indéniable trascendent son cynisme, qui transpire dans certaines situations et explose l’écran dans la séquence finale. On en oublie presque les enchaînements et les ellipses un peu maladroits.

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Outre l’immense Russell, qui trouve enfin un rôle lui permettant de sortir des téléfilms pour lesquels il avait tourné jusque lors, on notera la présence de vieux routards du cinéma (Harry Dean Stanton, Lee Van Cleef) et un hommage appuyé à deux références de Carpenter au travers des personnages de Romero et Cronenberg. Quant à Isaac Hayes, s’il est loin de convaincre en tant que comédien, on lui accordera le bénéfice du doute tant il se donne à fond dans son rôle de caïd local.

 

Une véritable référence, qui accuse le poids des ans davantage que d’autres films de Carpenter, mais conserve cette aura particulière qu’un remake, même intelligemment mené, saura difficilement retranscrire.

 

A lire aussi :

> l'article de Nick

> l'article enjoué de Cachou

> l'article admiratif de Sekateur

Technique

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Même si on lui reproche parfois le non-respect de ses teintes par rapport au matériau initial, l’image du DVD collector Studio Canal (en 2.35 :1) est vraiment bluffante – clair que ça change des VHS rongées par d’innombrables passages. On jouira également d’un son correct, peu porté sur les surrounds et de bonus plutôt intéressants.


Le coffret est de très bonne facture et contient, outre le DVD du film, le CD de la bande originale et un livret très complet (on y évoque la fameuse scène d'ouverture de 10 minutes dans laquelle on voyait Snake braquer une banque - elle fut coupée parce que les spectateurs ne comprenaient pas l'enchaînement avec Manhattan).


 

Ma note : 3,5/5