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l'Ecran Miroir

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Dorothy

Dorothy

Un film d'Agnès Merlet (2008) avec Carice Van Houten.

 

Résumé l’Internaute : La psychiatre Jane Morton est envoyée au sein d'une communauté recluse dans une petite île au nord de l'Irlande. Elle doit étudier le cas de Dorothy Mills, adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Alors qu'elle vient en aide à Dorothy, la psychiatre tente d'affronter ses propres démons et d'éclaircir le secret qui hante la communauté...

 


Un « rapido » par Vance

 

Voilà un film intelligent et sensible qui est passé quasi inaperçu, même chez nos blogueurs préférés (sans avoir poussé la recherche au point d’explorer les centaines de pages qu’ils comportent, je n’ai vu une mention de ce film que chez TinalaKiller ; les autres me feront immédiatement savoir s’ils l’ont vu et apprécié – ou pas).

La bande annonce intriguait pourtant. Il est possible aussi qu’il soit sorti en même temps que quelques autres métrages plus attendus. Toujours est-il que celui-ci gagne à être connu : doté d'une atmosphère aussi palpable qu'intrigante, il permet d’entrer dans une histoire d’apparence brumeuse mais qui parvient très vite à captiver. Malgré quelques petites facilités dans l’enchaînement des indices et dans le montage de quelques situations, ce thriller emporte l'adhésion grâce à une formidable interprétation (la comédienne qui joue le rôle titre est inquiétante à souhait, passant son temps à changer d’expression, de voix et d’attitude, nous poussant à la détester comme à s’en inquiéter) et une belle bande son. On saluera surtout la propension de la réalisatrice à jouer avec les genres, à insérer des détails qui nous poussent dans de nombreuses directions : le déroulement de l’histoire devient ludique et pousse le spectateur en avant dans la résolution, se jouant de ses a priori, anticipant ou déjouant ses certitudes : il est certains qu’on ne regardera pas ce film de la même façon si on a une grande expérience du cinéma de genre, tant il sait user de cordes connues pour en tirer des conclusions inédites.

Une réussite qui prend néanmoins son temps pour se digérer, laissant la séance se terminer à mi-voix, dans l’expectative, jusqu’à ce qu’on assimile l’ensemble avec un peu de regret.