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l'Ecran Miroir

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[critique] Spielberg # 9 : Indiana Jones & le Temple maudit

[critique] Spielberg # 9 : Indiana Jones & le Temple maudit

Spielberg 00

 

Voilà un film qui gagne à être revu, et revu encore. C’est du moins mon sentiment.

 

Comme beaucoup de spectateurs, j’étais plus sensible à l’ambiance bon enfant du 3e épisode ou au rythme trépidant du premier, et j’avais été un peu désarçonné par cette aventure singulière de notre archéologue préféré, dans une quête manquant particulièrement de glamour (les pierres de Sankara, quand bien même elles apporteraient « Fortune & gloire », font pâle figure aux côtés du Graal ou de l’Arche d’alliance) qui se transforme en combat pour la liberté.

 

Etrangement, j’ai toujours cru qu’il s’agissait pour Spielberg de s’affranchir davantage des propositions de George Lucas en cherchant à retrouver un peu de l’esprit des serials dont il était friand. Or, à bien y regarder, Indiana Jones & le Temple maudit  colle manifestement bien au précepte de Lucas voulant que le deuxième épisode d’une trilogie soit le plus sombre, le plus révélateur, le plus introverti. Disons que, a posteriori, c’est évident.

 Indy-2.03.jpg

C’était tout de même l’occasion de mettre à l’écran certaines des idées non retenues pour le premier film (le brainstorming Lucas/Spielberg/Kasdan a été rien moins que productif), avec un allant, une bonne humeur communicatifs.

 

Pas étonnant non plus que cet opus soit le préféré des cinéphiles amateurs de films d’horreur, de gore et de séries Z : il se permet le luxe d’aller très loin dans la dérision, l’humour noir et la violence (du moins pour un film grand public) tout en égratignant avec malice l’image du héros infatigable mais droit qu’était jusque lors Indy. Intelligemment, l’histoire est censée se dérouler avant les événements de Raiders of the lost Ark et Steven Spielberg insiste constamment sur les deux facettes de l’aventurier, jouant avec talent sur les éclairages pour nous montrer un personnage tiraillé entre ses passions, ses pulsions et ses principes.

 

A présent, même si je suis toujours aussi époustouflé par le tempo du premier épisode, Indiana Jones & the Temple of Doom a réussi à (me) révéler un peu de sa magie interne, à démontrer qu’il était un film plein débarrassé des oripeaux de la bienséance, jouant à fond ses cartes maîtresses et dotant ses protagonistes de caractères nuancés aux traits légèrement forcés (Mola Ram est un de ces prêtres sanguinaires et sadiques, mais il est extrêmement critique envers la colonisation anglaise ; Demi-Lune bosse avant tout pour le pognon, même s’il éprouve une affection sincère pour Indy ; Willie ne pense qu’à sa carrière et à l’argent, etc.). Il est évident que des limites ont été franchies allègrement pour réaliser ce métrage un peu déviant – pour lequel la classification PG-13 a d’ailleurs été officiellement créée aux Etats-Unis. Et que dire des autocitations jubilatoires, véritables fèves pour cinéphiles, qui rattachent le film à une vraie culture populaire nourrie tant de passions de jeunesse que de références établies !

 Indy-2.02.jpg

La véritable force d’Indiana Jones & le Temple maudit est sans doute de parvenir à ébranler un tout petit peu le monument qu’était Raiders, faisant ressortir son côté un poil trop lisse, un peu trop propre sur lui. Il complète à merveille le premier épisode, l’enrichissant, faisant de cette mini-série davantage que la somme de ses épisodes. Et un Spielberg affranchi de certaines contraintes, c’est un Spielberg génial : sa caméra mouvante offre des travellings impressionnants, et permet d’iconiser définitivement Harrison Ford/Indiana Jones dans une série de contre-plongées magistrales en gros plan sur un visage tour à tour enfiévré, inquiétant ou décidé – et toujours en clair-obscur.

 

La version HD est encore une fois splendide, faisant exploser les couleurs – et ressortir les matte qui ornent les fonds. Les geeks boutonneux seront ravis de remarquer que le blu-ray met parfaitement en valeur la plastique de Kate Capshaw, dont les costumes orientaux sont sublimés. Les détails ressortent mieux que sur le premier épisode, et les nombreuses scènes en basse lumière sont étonnamment limpides. Quant à la bande-son, elle offre quelques grondements dévastateurs et un meilleur mixage.

 

 

Ma note (sur 5) :

4,5

 


 

 Indiana Jones 01

Titre original

Indiana Jones & the Temple of Doom

Mise en scène 

Steven Spielberg

Production 

Paramount & Lucasfilms, distribué en France par CIC

Date de sortie France 

12 septembre 1984

Scénario 

Willard Huyck & Gloria Katz

Distribution 

Harrison Ford, Kate Capshaw & Jonathan Ke Quan

Durée 

118 min

Musique

John Williams

Photo

Douglas Slocombe & Paul Beeson

Support 

Blu-ray Paramount 2012

Image 

2.35:1 ; 16/9

Son 

VOst DTS HD-MA

 

 

 

Synopsis L'archéologue aventurier Indiana Jones est de retour. Il poursuit une terrible secte qui a dérobé un joyau sacré doté de pouvoirs fabuleux. Une chanteuse de cabaret et un époustouflant gamin l'aideront a affronter les dangers les plus insensés.