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l'Ecran Miroir

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Ces amours-là : Cultiste n’a pas aimé (mais pas du tout !)

Ces amours-là : Cultiste n’a pas aimé (mais pas du tout !)

 

Une chronique par Cultiste

 

Mais oui, même s’il n’est pas un cinéphage à temps plein, Cultiste a une vie très remplie en dehors des livres (qu’il passe d’ailleurs dans les salles obscures, s’y prêtant sans doute à quelques messes noires discrètes ou rencontres avec des Grands Anciens invisibles…).

Cette semaine, il a craché sa bile façon « la Pellicule brûle » et m’a proposé de publier sa prose acerbe qui sait souvent frapper fort et sonner juste (ou le contraire ?).

Dont acte.

 

Ces amours-là, un film de Claude Lelouch (2010).

 

ces-amours-la.jpgUne jeune femme va quémander la pitié d'un officier allemand pour faire libérer le père. Emu par la beauté de la donzelle, le Boche s'exécute et la jeune femme passe la nuit avec lui pour le remercier de sa bonté. Le lendemain, elle largue son petit ami et retourne dans le lit du Nazi (qui est marié). Cette idylle Franco/Allemande a pourtant une fin quand le père résistant de la jeune femme se fait assassiner pour avoir collaboré (ses amis ne savaient pas que sa fille avait travaillé un Papa Schultz au corps pour le faire libérer). Sentant la défaite du petit moustachu proche sur le territoire français (une vague histoire de débarquement...), l'Allemand largue notre belle Française et quitte Paris .

 

Alors qu'elle travaille pour oublier son beau Teuton, la jeune diplomate française est agressée par des hommes qui veulent la tondre pour sa collaboration horizontale passée. Heureusement pour la malheureuse ingénue, deux soldats américains s'interposent pour empêcher l'infamie de la tonte. Jim et Bob, le blanc riche et le noir pauvre, sympathisent vite avec la belle. Notre jeune diplomate propose à nos deux compères, aux prénoms significatifs, d'explorer plus avant l'amitié Franco/américaine dans un libertinage à trois. La vie n'est pas simple pour notre Bernard Kouchner en jupons, car après avoir goûté le chocolat blanc et le chocolat noir, elle tombe amoureuse des deux. Tim et Rob compliquent encore sa vie en la demandant en mariage simultanément. Dans un élan de pragmatisme typiquement français, elle décide de jouer sa décision au dé. Le sort choisit Bob le pauvre Noir mais la guerre les rappelle déjà  et le wedding interracial devra attendre.

Au front, Jim et Bob attaquent un bunker où se cache devinez qui ? L'ancien amour schleuh de notre belle héroïne.

La vie est cruelle pour les hommes qui larguent. Et le bunker explose.

Plus loin sur le champ de bataille, Jim, jaloux de son ami, qui a obtenu la Française en mariage, profite d'une échauffourée pour abattre Bob d'une balle dans le dos.

Au retour de la guerre, et sûr que son forfait ne sera jamais découvert, Jim refait une demande à la belle Française. Bien sûr, à court d'options riches en cacao, la malheureuse accepte. Elle quitte la France pour vivre une vie fastueuse aux Etats-Unis.

Jim commence à faire des cauchemars. Les remords le rongent et sa conscience le travaille. Il commence à apercevoir le fantôme de Bob et il perd peu à peu la raison. Notre intuitive Française commençant à avoir des doutes sur la mort de Bob : elle le quitte et retourne au pays des fromages qui puent. En chemin, elle fait une escale (à Berlin) pour tenter de renouer avec son ex allemand. Le malheureux est toujours vivant : tel son pays coupé en deux, il est défiguré. Prise de dégoût, notre superficielle Française laisse l'ancien beau Teuton aux soins de sa femme et repart pour son pays natal.  Jim, toujours hanté par un noir fantôme, et refusant le divorce, la poursuit. Il la retrouve à Paris et se suicide devant sa porte en prenant bien soin de la faire accuser de meurtre. Son meurtre. La malheureuse se retrouve poursuivie pour homicide conjugal.

 

Il faut dire que, pendant cette édifiante histoire, Lelouch nous en a raconté une autre tout aussi édifiante. Celle d'un musicien juif qui hésite entre faire carrière dans le droit ou la musique. Avant qu'il ne prenne sa décision, il est déporté par le Fritz du début (faut suivre !). Dans un wagon qui l'emporte vers un camp, il fricote avec une jeune donzelle. Comme il est maladif et qu'il joue admirablement bien du piano, les mélomanes nazis qui gèrent le camp le nomment jukebox officiel de la cantine.

Fin de la guerre, il retourne en France, fait carrière dans le droit (choix compréhensible car le piano lui rappelle trop la cuisine allemande) et se retrouve à défendre Marie Besnard. D'une empoisonneuse à une meurtrière, il n'y a qu'un pas. Et voilà notre avocat défendant notre diplomate en jupons. Il fait , en guise de réquisitoire, un résumé de la vie de notre fière héroïne. Les jurés, profondément émus par ce déballage larmoyant, acquittent notre adepte de la diplomatie horizontale. Elle est pourtant triste, sa jeune vie serait-elle un échec ? Non bien sûr ! Notre gentil avocat sémite commence à chanter pour lui remonter le moral. Le bougre en profite pour lui proposer un verre dans un bar et accessoirement le mariage. L'alcool, un flash de lucidité, la vision d'une dernière bouée de secours ? Notre héroïne accepte le mariage et elle aussi commence à chanter.

 

Fin.

 

Je sors de la salle et je commence à courir dans la nuit en hurlant que jamais plus je ne verrais un Lelouch de ma vie.


Ma note : 0/5