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l'Ecran Miroir

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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.


[critique] Collateral : retour au genre

Publié par Vance sur 19 Avril 2015, 08:03am

Catégories : #Sur écran : sorties cinéma, #blu-ray, #Sur écran : rattrapage de séance, #Cinéma 2004

[critique] Collateral : retour au genre

Difficile de s'ennuyer dans ce film de Michael Mann, même si le premier quart d'heure est assez déstabilisant avec son rythme placide qui prend le temps d'installer doucement une ambiance lancinante ponctuée d'extraits de standards musicaux, au point qu’on se demande où est l’intérêt pour le réalisateur de nous faire défiler des images de Los Angeles by night en un long diaporama. 

Cela dit, plus les minutes passent, plus on se rend compte d'une chose indéniable : la qualité filmique. L’œuvre est conçue avec méticulosité, jouissant de cadrages étonnants de maîtrise, avec un montage d'une précision exemplaire. Certaines séquences clefs sont visuellement époustouflantes et les affrontements, pour brefs et brutaux qu'ils soient (ce qui leur confère un réalisme et une puissance remarquables - typiques chez Man), demeurent lisibles et terriblement mobiles.
Pour le reste, l'interprétation est à la hauteur : Tom Cruise est convaincant dans ce rôle d'un tueur qu'on a du mal à détester - même si la dernière partie du film, après une révélation faite à Max (le moment où il avoue ne pas descendre des crapules mais des témoins à charge), nous montre clairement la voie à suivre. Je le préfère dans l'inquiétude, avec ces regards en coin, la tête constamment en mouvement, vérifiant la présence ou l'absence d'éventuels témoins de ce qu'il s'apprête à dire ou accomplir. Malgré ce que ces attitudes peuvent avoir de répétitif ou systématique, elles démontrent une intensité dans son jeu que Minority Report dévoilait déjà.
Foxx est nettement plus dans la nuance, ballotté par les événements, poussé à agir, malgré lui, malgré des principes pas toujours évidents. On le sent très à l’aise dans ce registre, au point qu’on se rend vite compte qu’il ne se donne pas à fond.


Les dialogues sont percutants, et certaines notes d'humour viennent désamorcer des tensions, ou, en contrepoint, les souligner. C'est que malgré tout on n'est pas devant un film d'une grande originalité, ni dans l'intrigue, ni dans le traitement. Pire, quelques passages relèvent de l'invraisemblance (comment Vincent parvient-il à être hors de la discothèque avant Max alors que ce dernier l'avait quittée avec Fanning bien avant lui et qu'il était pris dans la foule ?). Cependant, pour peu qu'on se soit immergé dans l'action, les différents épisodes se suivent sans déplaisir : on sait où l'on va, on sait qu'on va se laisser surprendre, on sait ce qui risque d'arriver. Malgré tout, on peut être un peu agacé par la minceur du scénario qui ne parvient pas à sous-tendre complètement la succession des événements, et par le rythme très lent de premier tiers.

La fin est convenue ? C'est vrai. Décevante ? Peut-être. Disons que la dernière demi-heure conserve en intensité ce qu'elle a perdu en choc émotionnel, mais tout dépend de la manière dont le spectateur s'installe face à l'écran : quelqu'un qui a envie de tout analyser en temps réel passera à côté du film et ne relèvera qu'incongruités et déjà-vus. A partir du moment où il accepte d'être dupe - comme dans tout film de genre après tout - il ne peut que passer un bon moment.


Sans être glauque et sombre, Collateral instille quelques réflexions sur la condition humaine, les rapports entre les êtres, la valeur d'une vie... Ce n'est pas un pamphlet ni un brûlot contestataire, ni encore une œuvre totalement désespérée : une nuit, dans L.A., un contrat sur cinq personnes doit être honoré. Le tueur est-il conscient de la vacuité de ses actes ? Est-il sensible aux déboires et aux promesses de ceux qu'il va être amené à fréquenter ces quelques heures ? On lui découvre une passion (le jazz), cela le rend-il plus perméable aux émotions ? Et pourquoi cet attachement contre-nature à ce chauffeur de taxi qui devient plus embarrassant de minute en minute ? Jusqu'au bout, je me suis demandé ce que cela cachait : le rapport de Fanning sur un cas similaire semblait prouver l'existence d'une organisation méticuleuse ayant entraîné le choix délibéré du chauffeur ; un temps, j'ai cru que Vincent lui avouerait ne pas l'avoir choisi par hasard, mais non, la Vérité ne se dévoilera pas...


Un bon moment, d'une rare maîtrise formelle, qui marque pour Mann un retour aux procédés structurés du film de genre. Cela en gênera plus d’un qui s’étaient ébaubis devant Ali et s’attendaient à davantage de profondeur, mais ça n’est en aucun cas un film raté. 

 

  

 

Titre original

Collateral

Réalisation 

Michael Mann

Date de sortie

29 septembre 2004 avec UIP

Scénario 

Stuart Beattie, Michael Mann & Frank Darabont

Distribution

Tom Cruise, Jamie Foxx & Jada Pinkett-Smith

Photographie

James Newton Howard

Musique

Dion Beebe & Paul Cameron

Support & durée

Blu-ray Paramount (2010) region B en 2.35:1 / 120 min

 

Synopsis : L.A., la nuit. Après avoir déposé une séduisante femme procureur, Max charge un nouveau client dans son taxi, un certain Vincent, homme d’affaires qui, afin d’honorer 5 rendez-vous importants, lui propose 600 dollars pour qu’il le pilote toute la nuit. Max accepte, mais devra vite changer d’avis lorsqu’au premier rendez-vous, un cadavre défenestré s’écrase sur sa voiture et que Vincent lui demande de l’aider à cacher le corps…

 

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Vance 23/04/2007 19:04

Intéressant, et doublement, lorsque je constate qu'en fin de compte, nos avis se rejoignent sur les grandes lignes. D'ailleurs - mais la faute en revient à la tournure pas assez univoque de ma phrase - j'avais exprès placé "le jeu des acteurs" à la fin de la liste pour bien montrer qu'il était possible, pour certaines personnes, de porter un jugement fondé sur certains critères, car après tout il y a des écoles d'art dramatique, des enseignants, une Méthode célèbre qui a fait date (et long feu). Le fait est que lorsqu'un comédien parvient à me toucher, à m'émouvoir, à me stupéfier, à me faire rire, il réussit le pari qu'il a engagé de transformer les mots du script en émotions : je le précise donc. Il m'arrive aussi de rajouter lorsque cela m'étonne, notamment de la part (et Tom Cruise en est un très bon exemple) d'acteurs qui se cantonnent habituellement dans des terrains où l'émotion n'est justement pas le critère principal. Mais il m'est arrivé de me confronter à des opinions complètement divergentes, parfois antagonistes, en raison du caractère profondément subjectif de l'appréhension de l'impact émotionnel. Deux exemples :
- Eric Bana dans Hulk. Ce mec est un acteur qui me plaît beaucoup, j'apprécie sa carrure, son visage à la fois banal (ha ha !) et viril, mais surtout ce regard affectueux qu'il peut avoir lorsqu'il joue avec un enfant, comme dans Munich, où il est totalement crédible - et touchant. En revanche, je le trouve abominablement plat et fade dans le film d'Ang Lee, sans rayonnement ni saveur. On m'a rétorqué qu'au contraire il lui fallait interpréter un Banner pâlot et tiède qui trancherait avec le Hulk brutal qui est en lui. Argument qui se tient au vu du comics, mais Banner est quand même plus qu'un savant maigrichon et coincé. C'est mon avis.
 
- Ewan McGregor dans Moulin rouge ! Mon Dieu que je l'ai trouvé insupportable ! Artificiel et pathétique, presque comique, alors qu'il fait un Obi-Wan intéressant. Mais il faut dire que le film de Luhrmann fait partie de ceux que j'ai le plus détestés. Ceci explique cela. Subjectivité, quand tu nous tiens...

Neault 23/04/2007 18:48

Dans les exemples que tu cites comme étant purement techniques, je persiste à en voir quelques-uns étant strictement subjectifs. Le jeu des acteurs par exemple, comment apprécier cela "techniquement" ? C'est impossible. Si je me prends un coup de marteau sur le gros orteil, il y a des gens qui pourront me dire si mon "wouaïeeuu" est surjoué ou non ? A mon avis, non. Donc, quand, en plus, la douleur n'est pas présente réellement, c'est encore plus flou.
Par contre, pour ce qui est du plan-séquence long et techniquement difficile à mettre en oeuvre, là oui, d'accord, je te rejoins (je n'avais pas pensé à ça sur le coup). Genre l'ouverture de "Snake Eyes" de Brian De Palma (ou encore même un épisode entier d'une série TV américaine relativement récente dont j'ai oublié le nom (argh) qui se déroulait en un seul plan, c'était vraiment impressionnant, un truc avec des flics et des services de secours, bon, ça ne me revient pas).
Donc, oui, si l'on parle de quelque chose de techniquement difficile, on peut parler de maîtrise, au temps pour moi. ;o)
Tu as tout à fait raison quand tu dis que l'on peut être touché sans comprendre et comprendre sans être touché. Mais comme pour moi (mais après tout, ce n'est que ma vision des choses, je conçois que d'autres existent) l'art doit toucher, j'ai toujours du mal à accepter les "compliments" techniques dans les critiques.
En ce qui concerne 2001, je ne l'ai pas vu autant de fois que ton ancien prof mais je dois dire que je serais bien en peine également d'en fournir une explication cohérente. Mais ce film est-il seulement fait pour cela ? Peut-être que chacun doit y voir ce qu'il veut (ou peut) ? Après tout, l'on peut aussi aimer la musique sans s'inquiéter pour autant de ce qu'elle est censée exprimer, mieux (ou pire) il est possible d'aimer une mélodie pour des raisons totalement différentes de celles que son auteur avait en tête pendant sa composition. Ce que je veux dire c'est que l'on ne peut (et même "ne doit" sur un plan presque "morale") éliminer le récepteur de l'équation artistique. Si dans une soirée je raconte une histoire drôle et que personne ne rit, alors, je ne raconte pas une histoire "drôle", peu importe sa drôlerie, ma maîtrise technique et mes convictions. Ce sont les rires qui font que "je" raconte une histoire drôle. Maintenant, il ne s'agit pas non plus de guetter une forme d'approbation extérieur hein, si il n'y a pas de rires, mon histoire existe quand même, je veux dire simplement que, comme la vision change presque avec chaque personne, il est difficile de parler de maîtrise dans certains domaines (et 2001 en est un très bon exemple).
Sinon, je précise que tu as bien fait de ne pas prendre mon commentaire comme une attaque personnelle, ce n'était pas le cas du tout. D'ailleurs, je pense que tes critiques valent bien largement celles de certains "professionnels" et que tu as donc tout à fait le droit de porter un jugement technique (c'est la dimension technique qui m'avait échappée à la première lecture, ce qui explique mon interrogation sur la "maîtrise", mais bon, je ne suis pas un spécialiste non plus hein).
En tout cas, tout cela est fichtrement intéressant. ;o)

Vance 22/04/2007 11:10

Oui, je vois ce que tu veux dire : cette fois-ci (mais tu commences à t'en faire le parangon ;-) tu t'inscris dans le débat sur l'Art et son expression formelle, qui rejoins un peu la discussion sur le goût et le jugement. Ce qui, je me répète, risque d'entraîner des propos à la fois redondants et forcément trop longs pour de simples commentaires - mais montre l'intérêt qe tu portes à ce blog, intérêt que je ne puis pas prendre à la légère (tiens c'est marrant, "puis" est une façon de dire "peux" qu'utilise régulièrement et de manière un peu snob la candidate Ségo) même si la partie paranoiaque de mon ego a tendance à me titiller en me susurrant qu'il est un terrain propice à de tels débordements - ou alors c'est que t'aimes bien provoquer le débat tout simplement (lol).
Où en étais-je ? Oui, l'Art et son degré de maîtrise. Peut-on juger de la qualité d'une forme d'expression artisitique ou doit-on se contenter d'en tirer des propos fondés sur sa propre sensibilité ? Et, dans le premier cas, est-il nécessaire d'avoir une formation adéquate qui permettrait, grâce à l'assimilation de codes et règles strictes de mise en oeuvre (ici justement le cadrage, la photo, le montage, le mixage sonore et j'en passe dont notamment le jeu des acteurs, le style de la mise en scène ou la pertinence des costumes comme la qualité des maquillages) ? On le voit, j'ai choisi des exemples volontairement tendancieux - parce que justement ce débat, j'y ai été mêlé de près ou de loin et plusieurs fois. Evoquer l'effet produit par ce panoramique, est-ce porter un jugement fondé sur la connaissance profonde de règles notoirement répertoriées (et donc enseignées comme telles) ou uniquement donner une opinion sur l'incidence que ce mouvement particulier de caméra a eu sur notre sensibilité, c'est à dire l'impact brut de cet effet de style (volontaire ou non) sur notre appréciation ? Je crois qu'il faudrait plusieurs autres débattants et plusieurs pages pour commencer à s'en faire une idée. Prenons le Fils de l'Homme, un film qui m'a littéralement scotché, bluffé même, non seulement par le sujet (la SF, ma tendre compagne...) mais aussi et surtout par la (perception de) maîtrise formelle du réalisateur dans la construction de plusieurs séquences hallucinantes, comme ce travelling interminable suivant Clive Owen au milieu de rues où les fusillades et bombardements se déchaînent, ou cette marche arrière époustouflante au cours de laquelle des rebelles se jettent sur la voiture et poursuivent nos héros à moto, le tout en un seul (faux) plan-séquence. Aurais-je été aussi impressionné si j'avais été incapable de reconnaître l'importance et la qualité du travail effectué par les membres de l'équipe technique, si je n'avais pas appris à quel point il était ardu de faire tenir autant d'éléments narratifs signifiants dans un seul plan ? Mais alors, me répondrais-tu, il faut avoir son bac pour puvoir apprécier un film ? Bien sûr que non. En revanche, il est patent que l'acquisition de connaissances sur les circonstances qui ont précédé ou accompagné la concrétisation d'une oeuvre artisitique, si elle n'est pas censée modifier radicalement la perception qu'on en a, peut en altérer certains points de vue. Je crois que l'important sera toujours, et quel que soit son degré d'acculturation, le sentiment qu'on a éprouvé devant une oeuvre, même en sachant que le temps et les aléas de la vie sont capables également de changer le premier avis : telle daube d'hier deviendra le film culte de demain. Le film étant demeuré le même, c'est bien la perception qu'on en a qui a changé. Peu d'enfants peuvent apprécier du Picasso à brûle-pourpoint, n'est-ce pas ? Et a fortiori un film de Bergman. J'ai connu un prof de français au lycée qui me parlait de 2001 ; à l'époque, il l'avait vu 17 fois et m'avouait qu'il n'y comprenait toujours rien, tout en sentant intimement l'existence d'autres niveaux de compréhension qui lui échappaient. Il aimait ce film sans l'avoir entièrement assimilé. A contrario, on peut reconnaître des qualités intrinsèques à des oeuvres qui ne nous ont pas touché.
Mais est-il pertinent d'employer dans mon cas un langage qui s'apparenterait à celui d'un expert ? Non, bien sûr. Je juge suivant ma sensibilité propre, nourrie de nombreuses références et d'une (bien) modeste connaissance technique. Cependant, lorsque j'estime qu'un détail apporte un effet singulier, quand bien même il serait (mais j'en doute) fortuit, je le signale. C'est peut-être aussi que j'aimais cet assemblage de mots (voir la citation du jour) parce qu'il me permettait d'exprimer élégamment un vague ressenti. Je persiste donc, sans en être complètement convaincu, mais, pour autant que le sache, les cadrages visibles dans ce (les) film(s) de Mann me semblaient particulièrement maîtrisés, en ce sens qu'ils paraissaient, à mon sens, correspondre avec brio à l'idée générale dégagée par l'ensemble de la séquence. Mann est connu pour être un technicien hors pair, autant qu'un savant conteur alliant maîtrise formelle et construction minutieuse à un souci constant de préserver la dramatisation et l'authenticité de ses scènes.
Ca m'a semblé pertinent. Sur le coup.
Note que je n'ai pas pris ça comme une attaque personnelle - après tout, ça amène une discussion qui n'est pas vide de sens. D'ailleurs, je conçois que l'argumentation réciproque est floue, puisqu'elle s'appuie en grande partie sur le ressenti - et donc sur ce que chacun a de plus personnel. Donc, lorsque je m'exprime sur ce sujet, je ne le fais pas en docteur ès cinéma ni en snobinard pédant amateur de bonnes formules, ni non plus en candide invétéré.

Neault 21/04/2007 22:37

Très bon film en effet !
Par contre, oups, heu, je vais un peu faire chier tout le monde sur une expression que j'aimerais que l'on m'explique (mais, c'est pas agressif hein, je précise, lol, il m'arrive parfois de provoquer pour le plaisir mais ici, ce n'est pas le cas) : que veut donc bien dire "des cadrages étonnants de maîtrise" ?
Et même, ça peut se maîtriser, ça, des cadrages ? On va me répondre "oui, techniquement, blablabla", mais là n'est pas la question, heureusement encore que c'est maîtrisé "techniquement", autrement dit que ça montre ce que ça doit montrer, mais au-delà de ça, peut-on prétendre maîtriser ce qui ne reste, finalement, qu'un angle de vue subjectif ?
Si cela peut se maîtriser, alors soit l'on s'adresse à une sorte d'intelligentsia spécialisée, soit c'est même pire, ce sont des cadrages qui s'adressent à tous et il existe donc des règles artistiques préfabriquées pour apprendre à "bien voir" (ou bien "faire" voir) ?
Pour moi, un cadrage est un peu comme le style d'une phrase qui accompagne une scène dans un récit, cela doit ou non toucher le lecteur/spectateur. Si le lecteur/spectateur en arrive à voir la "patte" de l'auteur derrière la scène sur l'instant, c'est déjà mort, mais arriver à voir de la "maîtrise", lorsque l'on connaît les aléas, les coups de têtes, les emportements, les sentiments, les hésitations et les milliards de petites choses qui font que l'on crée d'une façon et pas d'une autre, alors là, c'est pour moi seulement une sorte de façon de parler stéréotypée et non une référence à une notion technique véritable.
Si cela "marche", alors c'est que tout les trucs utilisés fonctionnent, maintenant, y a t-il pour autant "maîtrise" comme un électricien pourrait se vanter de maîtriser son domaine lorsque la lumière jaillit ? J'en doute très fortement. La lumière ne jaillissant pas à tout les coups suivant la pièce que l'on souhaite éclairer (le lecteur/spectateur donc), je dirais que de maîtrise, l'on ne peut pas décemment parler. Les auteurs (même de films) ont ceci de différent par rapport aux électriciens que les pièces peuvent être infiniment éclairées lorsque Jean y pénètre et se remplir de ténèbres lorsque Pierre tente de le rejoindre. Je ne crois pas plus à la phrase maîtrisée qu'au cadrage maîtrisé. Tout cela est une affaire de sensations, de décisions intimes, de goûts partagés à la faveur des modes et de cette petite part de magie qui accompagne tout auteur lorsqu'il adresse à de parfaits inconnus une part intime de lui-même.
Lorsque je prends ma voiture, je sens bien que Môsieur Peugeot maîtrise son boulot et que le moteur fonctionne, mais quel que soit le pare-brise, sa qualité et la largeur de la vue que l'on m'offre, elle sera forcément dépendante de la façon dont, moi, je l'analyserai. Cette "maîtrise" apparente n'est pour moi qu'une adéquation parfaite de l'auteur avec le "récepteur".
Mais bon, j'ai une vision peut-être un peu à part des choses. ;o)

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