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l'Ecran Miroir

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[critique] l'Exorciste, la suite... et la fin

[critique] l'Exorciste, la suite... et la fin

Donc ici, Blatty a choisi de tout reprendre à zéro après l’Exorciste : là où le film de Boorman se concentrait sur Regan, Blatty adapte son propre livre fondé sur l’enquête policière. Il souhaite réhabiliter le sujet en proposant une suite réelle au premier volet.

Avec le retour de Kinderman (joué ici par l’excellent George C. Scott), on a droit à une réhabilitation de Karras, bombardé meilleur ami du policier qui, depuis 15 ans, se lamente chaque fois que vient l’anniversaire de ce jour funeste où Damien s’est défenestré. C’est le père Dyer qui s’est substitué à lui et ils partagent la même passion pour le cinéma. Seulement, des crimes abominables surviennent, laissant à penser qu’un dangereux tueur en série a resurgi du passé…

Après le petit clin d’œil du début (un plan sur le fameux escalier, présent dans les trois films, avec la musique de Mike Oldfield), on entre assez facilement dans ce qui se présente comme un polar assez glauque (Blatty, comme dans ses livres, nous abreuve de détails sur les circonstances des morts successives : le malaise passe par le verbe, plutôt que par l’image, car on ne voit pas grand chose à part le sang qui coule, ou gicle, à flots). Progressivement, l’enquête va les mener vers les pensionnaires d’un hôpital, jusqu’à un certain patient X retrouvé amnésique 15 ans plus tôt, et qui ressemble trait pour trait à Karras. Parallèlement, un certain père Morning, rongé par le remords, décide de confronter sa foi vacillante (décidément) et d’aller y voir de plus près.

Ce qui est dommage, c’est que certaines séquences après la première heure semblent ratées, ou inutiles (l’infirmière qui se rend chez les Kinderman) et qu’on sent bien que l’exorcisme fait plus figure de passage obligé que de choix narratif. D’autre part, certaines discussions dans la cellule du patient X sont interminables, Brad Dourif faisant un numéro de tueur revenant assez jouissif, mais qui déséquilibre le récit. Sinon, Blatty semble calquer sa réalisation sur celle de Friedkin et sait poser sa caméra (à noter une très bonne séquence ne comportant que 3 plans sur un couloir de l’hôpital avec une infirmière qui ouvre des portes intriguée par un bruit, tandis que des gardiens vont et viennent sans s’occuper d’elle – et sans voir venir l’inéluctable…) ou user des artifices connus pour nous faire sursauter.

Reste donc une histoire assez prenante, un Kinderman extrêmement sympathique, la présence de Jason Miller et quelques images étonnantes.

Finalement, la meilleure des suites à l’Exorciste, un film qui a su se trouver une identité propre née d'une réelle ambition créative et qui ne se contente pas de ressasser jusqu'à l'écoeurement les séquences horrifiques du premier. 

 

Visionné en VO non ST : certaines basses sont effarantes, les dialogues sont plutôt clairs, les images un poil sombres (mais c’est sans doute voulu).

 

 

 

Titre original

The Exorcist III : Legion

Réalisation 

William Peter Blatty

Date de sortie

8 novembre 2006 (DVD)

Scénario 

William Peter Blatty

Distribution 

George C. Scott, Brad Dourif, Nicol Williamson & Jason Miller

Photographie

Gerry Fischer

Musique

Barry De Vorzon

Support & durée

DVD Warner (2006) zone 1 / 116 min

 

 

Synopsis : Près de vingt ans se sont écoulés depuis les tragiques évènements qui ont failli coûter la vie à la jeune Regan possédée par Satan. Le lieutenant Kinderman, témoin privilégié de cette affaire terrifiante, est depuis toujours resté en éveil non sans raison car le mal rôde toujours. Après une enquête serrée et quelques morts, Kinderman s'aperçoit que les nouveaux meurtres sont l'exacte réplique de ceux commis par un tueur fou mort douze ans plus tôt.

[critique] l'Exorciste, la suite... et la fin