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l'Ecran Miroir

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[critique] le Prestige : le meilleur de Nolan

[critique] le Prestige : le meilleur de Nolan

[critique] le Prestige : le meilleur de Nolan

 Christopher Nolan est depuis quelques années entré dans le panthéon des metteurs en scène contemporains, signant de nombreuses réussites tant critiques que publiques. Pourtant, malgré l'impact de The Dark Knight, l'aspect visionnaire d'Inception et l'ambition d'un Interstellarle Prestige reste mon préféré.

Avec ce film, le réalisateur de Memento et de Batman Begins signe ce qui pourrait passer pour son manifeste pour le cinéma : le parallèle est en effet évident, notamment lorsqu’on entend les dernières paroles d’Angier qui estime que tuot spectacle est fondé sur une duperie tacitement acceptée par les spectateurs. Une thèse défendue par certains théoriciens du 7e Art.

A travers un récit déconstruit mêlant présent et passé avec virtuosité, se servant des carnets de l’un et de leur transcription par l’autre, on suit avec un certain bonheur et une fascination totale la grandeur et les décadences de ces deux artistes opposés en tout, mais tout aussi acharnés à prendre leur rival de vitesse, ou à le surpasser. Quitte à passer à côté d’une vie qui leur tend les bras, à l’image des femmes qui ponctuent leur existence comme autant de repères dérisoires, autant de balises invitant à garder les pieds sur terre. Même si on peut déplorer qu’au 4/5e du récit toutes les ficelles de ce brillant scénario aient été dénouées, on ne peut que se délecter d’un récit stylisé à la mécanique parfaite, invitant à chaque seconde à l’attention (« Est-ce que vous regardez attentivement ? » clame régulièrement l’un des interprètes) et à la concentration, fournissant fausses pistes et sujets de réflexions à foison, recoupements et rebondissements malins tout en nous tenant en haleine jusqu’à la fin de ce drame victorien flirtant intelligemment avec le surnaturel et la perception de la réalité (le roman d’origine, après tout, est signé d'un autre Christopher, Priestle talentueux auteur du Monde inverti). Les amateurs de twist rechigneront peut-être, ne trouvant pas leur compte dans l’acte final alors que tout ce qui précédait l’annonçait, mais l’important n’est pas là : il vaut mieux admirer la puissance de l’interprétation, dominée par un Christian Bale véritablement impressionnant, offrant une multitude de visages et une palette d’expressions fascinante, face à un Hugh Jackman carré et imposant, révélant quelques failles qui enrichissent son jeu. A leurs côtés, Michael Caine est toujours impérial, pas très loin du rôle d’Alfred dans Batman, volant presque la vedette aux deux têtes d'affiche (tout comme la délicieuse Rebecca Hall qui éclipse une Scarlett Johansson au rôle un peu ingrat).

le-Prestige-02.jpg

Peut-être pas très touchant, pas fondamentalement émouvant, le film s’intéresse davantage aux artifices et aux dessous des tours qu’aux acteurs du spectacle, livrant une réflexion nécessaire sur les dualités magie/technologie, improvisation/rigueur, irrationnel/logique qui sont à la base de toute expression artistique. Pour peu qu’on soit dupe dès l’entame – ou qu’on ait simplement envie de l’être, le spectacle est total.

Titre original

the Prestige

Date de sortie en salles

15 novembre 2006 avec Warner Bros.

Date de sortie en DVD

6 juin 2007 avec Warner Bros.

Photographie

Wally Pfister

Musique

David Julian

Support & durée

Blu-ray Warner (2015) region All en 2.40:1 / 128 min