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l'Ecran Miroir

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Volets

Depuis les débuts du cinéma et, plus particulièrement, depuis que les cinéastes russes puis Griffiths donnèrent ses lettres de noblesse au montage, il est important pour les réalisateurs de soigner les transitions entre les plans (ou raccords). Le passage « brutal » d’un plan à un autre où le point de vue a changé (raccord « cut ») n’étant pas la solution la plus naturelle au visionnage, on a développé les techniques de fondu (fondu au noir, au blanc, fondu enchaîné). Mais on a pu voir aussi certains metteurs en scène ou monteurs utiliser les volets : il s’agit de passer d’un plan à un autre par un balayage, balayage vertical ou horizontal, voire oblique qui, souvent, traduit le déplacement d’un personnage dans le champ. Le volet ainsi conçu peut être « naturel » (la caméra se déplace par travelling – généralement latéral – ou par un panoramique, rencontre un objet massif – porte, pilier, mur, véhicule – ou un personnage très proche qui occulte un instant l’écran et on bascule à un autre point de vue dans le même mouvement, afin que la transition soit la plus naturelle possible). Mais il peut résulter d’un trucage optique, une barre traversant l’écran (latéralement, horizontalement ou en oblique) donnant l’impression d’une page qui se tourne, la barre ainsi matérialisée séparant les deux plans. Enfin, dans ce même ordre d’idée, on a vu également des effets d’ouverture et de fermeture en iris que certains ont nommé « volet circulaire ».

Au visionnage, ces effets apparaissent un peu datés et confèrent un cachet certain à l’œuvre. George Lucas, s’inspirant sans doute de Kurosawa et certainement des serials dont il ne cesse de se revendiquer, en a parsemé chacun des épisodes de sa saga sur la Guerre des Etoiles.

 

Exemples (merci à Jennifer) :

 

  • Dans les Temps modernes de Charlie Chaplin, un volet latéral à la 36e minute permet de faire une transition élégante en suivant le déplacement de Charlot vers l’usine. Dans le Dictateur, il s’agit d’un volet vertical qui prend place au moment où Chaplin se dirige vers l’étage supérieur où se déroulent des expériences : le volet monte et donne l’illusion que la caméra traverse le plafond, suivant ainsi le mouvement supposé du personnage.
  • Dans Star Wars IV : Un nouvel espoir, on note plusieurs volets (latéraux, verticaux et même un volet oblique) successifs entre la 5e et la 20e minute. On trouvera dans ces séquences un effet d’iris qu’on peut observer aussi dans l’Empire contre-attaque (7min57).
  • Dans Hellboy II : les Légions d’or maudites de Guillermo Del Toro, on peut noter quelques-uns de ces effets de transition qui confèrent à l’ensemble un cachet très old school.
  • Dans Gladiator de Ridley Scott, un très bel exemple de volet « naturel » : les personnages (Maximus et Commode) montent vers l’arène sur une plateforme, la caméra les suit mais elle va passer devant une poutre noire ce qui va couper brièvement leur ascension et nous permettre de passer à un plan extérieur. Dans ce plan très travaillé, on pourra aussi admirer la manière dont les traverses et autres poutres semblent se refermer comme un piège sur Maximus alors qu’ils sont inondés de la lumière émanant de l’arène (donc d’en haut).

 

A compléter…