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l'Ecran Miroir

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L’Evolution de la scène comics - 03

L’Evolution de la scène comics - 03

Un dossier des Illuminati – 3e partie

 

 

Matt Murdock : A part Daredevil, Spider-Man, Iron Fist et Captain America, je ne suis pas très branché super-héros (c'est déjà pas mal vous me direz...). J'aime bien les aventures de super-héros qui ont un petit côté thriller.

L'univers DC, j'y comprends rien. J'en ai essayé quelques uns pour voir et j'étais perdu dans les dimensions parallèles et autres. Je n'ai pas dû lire les bons épisodes peut-être.


Moi quand j'achète un comics, ce que je regarde en premier, ce n'est pas le Label (Marvel, DC, Image ou Vertigo), ce n'est pas non plus la série qui me pousse à l'achat. Ce que je regarde en premier, c'est le nom de l'auteur. Si sur la couverture je peux voir un nom comme Bendis, Brubaker, Rucka, Ellis, Miller ou autre, ça me pousse à l'achat. L'autre jour, je me promenais dans une boutique d'occasion, j'ai vu une BD qui n'avait pas l'air terrible mais je l'ai achetée juste parce qu'il y avait écrit Brian Azzerello (100 Bullets) sur la couverture. Je ne l'aurais jamais achetée sinon.


A propos de Batman, vous l'avez probablement remarqué, mais quasiment tous les grands auteurs de Daredevil, à l'exception de Bendis, ont écrit un Batman : Brubaker, Rucka, Miller, Nocenti, Bob Gale, même Kevin Smith est en train d'en écrire un.

 

Biazedredd : oui, Preacher et Planetary sont également des séries excellentes mais je n'ai pas tout. Sinon Vertigo doit bien avoir 20 ans.

Lisez Superman : Paix sur Terre de Dini ; et vous aurez l'image que j'ai de Superman - ou encore l'intégrale 39-40 de Siegel. Tous les auteurs ne savent pas jouer avec. Superman n'est pas un niais ou un nationaliste. L'épisode de Straczinski du 11-09, celui-là est niais avec un Fatalis qui chiale. N'importe quoi ! La force de Marvel c'est d'évoluer dans notre monde mais certains récits fantasmagoriques annihilent cet avantage. Les Américains ont toujours été marvéliens c'est pour cela que Marvel squatte plus souvent le top 10.

Au fait, des bonnes séries (mais chez DC) : Oméga Men - Atari Force - Electric Warrior - Le Vigilante - Les Teen Titans.

Pour se mettre à DC, je conseillerais de passer par la librairie et non le kiosque. On y trouve de superbe récits complets.

C'est clair que je regarde aussi le nom de l'auteur mais comme j'achète 80% de mes comics d'occasion, je tente des trucs et j'ai parfois d'agréables surprises.

Sinon Daredevil est la réplique Marvel de Batman. Des récits urbains (ils ne quittent pas leur ville ou leur quartier), toujours au bord de la folie (avec le Joker ou le Caïd), ils sont d'un milieu aisé (adulte, je parle), un costume à corne... Qui a travaillé sur du Batman peut faire du DD et vice versa.

 

Neault : Le Fatalis qui chiale, c'est au contraire très fort sur le moment. Tout simplement parce que les "méchants" ne sont jamais, ou très rarement, au service du "Mal". Fatalis est un chef d'état respecté, la Latvérie est un pays qui est prospère, sécurisé, très en avance du point de vue médical. Fatalis n'est pas un psychopathe et, en cela, sa réaction est normale.

Ou alors, il faudrait en rester aux dogmes anciens, et très manichéens, qui veulent qu'un "vilain" soit forcément un suppôt de Satan.

Ce serait comme faire, d'un soldat allemand pendant la deuxième guerre mondiale, un enculé monolithique sous prétexte qu'il est dans le camp des "méchants". Perso, je trouve que voir Fatalis pleurer fait énormément pour la crédibilité du personnage. Même Hitler ne mangeait pas des bébés au petit déjeuner, si tu vois ce que je veux dire...

 

Pour le fait que le label Vertigo soit ancien, soit, mais ce qui sort du lot est récent (ou alors j'attends toujours des exemples de séries anciennes qui m'auraient échappées, ce qui est possible).

 

Je n'ai jamais dit que Superman était « un niais ou un nationaliste », le côté "marbre & niaiseries" était une façon de dépeindre la façon que j'ai de voir l'ensemble de l'univers DC (et purement DC, hors Vertigo par exemple). D'ailleurs, Sup pourrait bien être nationaliste que ça ne me dérangerait pas le moins du monde, je ne suis pas du genre à maudire ceux qui ont le courage d'aimer leur pays. Mais bon, Superman ne me parle pas, c'est un fait. Peut-être le côté "je porte mon slip au-dessus du pantalon" (elle est facile ok).

 

Pour rebondir, cette fois, sur Matt : à part Marvel, qui a un charme particulier pour moi et dont je lis quasiment toute la production, je ne regarde pas non plus l'éditeur. L'auteur est un élément important (plus que le dessinateur maintenant pour moi), mais il y a parfois un subtil mélange qui fait qu'un auteur pas forcément culte et un dessinateur lambda donnent un résultat exceptionnel. De toutes façons, je crois qu'il faut, un minimum, être "consentant" pour qu'un comic "passe" vraiment. Pour prendre un exemple violent, j'adore David Mack et je pense que son Echo est une des 3 ou 4 grandes oeuvres des comics modernes, mais je sais aussi que des gens (qui n'ont pas forcément une mauvaise approche du comic en général) sont allergiques au style.

C'est, quoi qu'on en dise, une opération de séduction qui nous échappe au moins un peu. […]

 

Bendis ou Mack font partie des gens que je pourrais défendre contre vents, marées et éternuements. Tout comme Stephen King ou Tarantino. Mais séduisent-ils tout le monde ? Non, assurément. Cela, parfois, me navre, car je sais qu'il y a bien du plaisir à retirer de leurs œuvres, mais cela, parfois, me rassure, car j'ai l'impression de faire partie des privilégiés. Un peu comme quand, plus jeune, j'allais acheter mes livres "à la ville", en vélo. Aujourd'hui, je commande sur Amazon, je vais au Cultura ou j'achète même aux Etats-Unis, mais à l'époque, le Net n'existait pas. Et flirter dans les rayons d'une bibliothèque, jusqu'à être séduit, c'était quelque chose, putain ! D'autant qu'ensuite, il fallait ramener l'élu de son cœur (j'utilise "élu" sans "e" parce que je parle d'un livre) chez soi, à coups de... de pédale... (je ne suis pas gay, je le jure, c'est juste que je n'avais pas l'âge d'avoir une voiture !!).

[…] Le contexte fait beaucoup sur l'opinion que l'on se fait d'une personne mais, aussi, d'une œuvre.

Une fille peut avoir une belle robe (l'éditeur), une conversation sympa (l'auteur), de beaux yeux (le dessinateur...hein ? oui, ok, de beaux seins, aussi) mais ça ne fera pas tout. Parce que, parfois, une fille un peu moins belle, un peu timide, avec un regard un peu fuyant, fait que l'on ne voit plus qu'elle et que même ses défauts finissent par nous enchanter.

Cela, c'est la magie. La part non explicable de l'équation. Ce que les scientifiques ont laissé, sans le vouloir, aux poètes, aux écrivains, aux rêveurs et aux pauvres bougres. Cette part là, elle nous appartient. A tous. Elle est le pont qui relie non seulement le lecteur à l'écrivain mais, aussi, le petit électricien du Maine à la sublime épicière des Pouilles. Un pont à usage unique. Dont on vante les mérites mais que peu peuvent apercevoir, tout simplement parce qu'ils délaissent, bien souvent, les petits ruisseaux pour enjamber, comme tout le monde, les grands fleuves.

 

Et, tout ça, pour dire que le "Fatalis qui chiale", ça m'a remué les tripes et serré la gorge. Mais, sans doute, à cause d'un tas de choses. A cause de Spidey, de Straczynski, de New York… […] Je ne sais plus qui a conceptualisé le fait que l'on ne pouvait voir que ce que l'on était prêt à reconnaître. Que lorsque des sédentaires voyaient des voiliers, ils décrivaient des collines flottantes. Je pense que l'on est ému, séduit, réceptif qu'à ce que nous pouvons admettre. Pas tellement dans un sens logique ou intellectuel mais plutôt conceptuel.