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l'Ecran Miroir

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I remember long ago...

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… another starry night.

Mamma Mia ! ***


Une chronique par TWIN 

 

 



Mamma Mia !
Un bonbon acidulé américain (110 min) de Phyllida Lloyd, sorti en salles en 2008, avec Meryl Streep, Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth & Stellan Skarsgard. Ecrit par Catherine Johnson, d’après sa propre comédie musicale et le répertoire d’Abba.

 

En 1999, à l’aube de son mariage, une jeune fille cherche à combler sa quête identitaire en trouvant qui est son père. Problème : sa mère a connu trois hommes au moment correspondant à sa conception. Elle décide, à l’aveugle, de les inviter tous les trois à la fête…

 

Je n’aurais sincèrement sans doute jamais été voir ce film si la grande Meryl Streep n’était pas à l’affiche et si la bande annonce ne promettait pas un spectacle, à défaut d’être surréaliste, en tout cas assumé comme passablement décalé.

Heureusement, Mamma Mia ! fait partie de ces rares surprises où le résultat offre plus que ce qu’il annonçait et où la promesse d’une attente n’a pas échoué en trahison spectatorielle.

Je ne connais pas la comédie musicale (à vrai dire, je ne savais même pas qu’elle existait…) mais je dois par contre bien avouer que, et je vais faire attention au lancer de tomates imminent (pitié !), j’aime bien Abba. C’est affreusement ancré dans la pop et le disco mais chaque chanson, sous ses dehors ronflants, finit par faire entendre quelques mots ou un enchaînement d’instruments qui confèrent une douce mélancolie mêlée d’excitation.

Et ça résume assez bien ce que j’ai aimé dans cette œuvre, qui a l’intelligence de respecter l’unité de temps et de lieu de la pièce d’origine. Le prétexte narratif est doucement naïf, voire simpliste (si l’intro est sublime, les premières envolées musicales qui suivent effraient à force de faire rimer le film avec une comédie pour adolescente(s)), mais étonnamment touchant.

La mise en scène ne paie dans l’ensemble pas de mine. La réalisatrice pose judicieusement le fil de son film sur le rythme d’un montage bien pensé et sur l’enthousiasme d’un casting absolument parfait et qui rayonne de bonne humeur. Meryl Streep fait par exemple preuve d’un dynamisme imposant le respect et Pierce Brosnan passe maître dans l’art de déconstruire son image d’agent secret grisonnant et charmeur.

Je m’étonne encore de la pertinence de certaines bonnes idées, comme le découpage des personnages par trio distincts ou les bons mots qui fusent lors de dialogues, chantés ou non, qui deviennent autant de joutes jubilatoires. On en prendrait presque les plus belles chansons d’Abba pour des leçons de vie ayant macéré dans une sorte de sagesse juvénile… surtout lorsqu’elles enrobent une conclusion surprenante, alternance de partouze et d’au revoir un peu ému, alors que la théâtralité du concept-même de musical atteint son point de jouissance.