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l'Ecran Miroir

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Choisis ton destin

Wanted

 

Un film de Timur Bekmambetov avec Angelina Jolie et Morgan Freeman.

 

] Voir fiche et bande annonce sur Total ciné

 

Je n'avais pas aimé Night Watch, prometteur mais s'emmêlant dans une réalisation emberlificotée et de grandes faiblesses narratives, mal compensées par quelques prouesses graphiques.
Ici, p
endant la première demi-heure, je me suis demandé si on ne me prenait pas pour un con, ou plutôt un de ces décérébrés qui ne jouissent (au cinéma) que suivant certains codes bien définis et maîtrisés par les grands décideurs d'Hollywood, ceux qui, tranquillement assis à leur table en chêne rouge (oui, je viens de voir Mr & Mrs Smith) demanderont à un habile faiseur le taux idéal et la fréquence maximale d'effets visuels +/- virtuoses, de ralentis, de punchlines instantanément cultes, de bruitages démentiels, de mélodies immédiatement reconnaissables et de références raccordées à une mass-culture bien cadrée au travers d'une histoire intemporelle fondée sur une initiation à la dure et un secret immémorial.

 
Franchement.

Et puis je me suis mis à en profiter, à kiffer sa race même. Parce que l'histoire (malgré quelques trous narratifs un peu gênants et des lacunes explicatives - d'où vient leur pouvoir ? Qui - ou quoi - est à l'origine de la trame du destin ? ) se tient, tout en s'alignant sur des centaines d'autres. Parce que les scènes d'action sont bluffantes, complètement tape-à-l’œil et s'assumant comme telles, avec un brin d'autodérision bienvenue. Parce qu'Angelina Jolie nous sert là un rôle incroyable (pas sur son potentiel de comédienne, mais fondé essentiellement sur son charisme, sa silhouette et son statut iconique : tout en elle, de sa démarche légèrement dédaigneuse à son éternel demi-sourire, et jusqu’à cette sublime façon qu’elle a d’embrasser son propre destin, est empli d’un style propre, quasi paradigmatique). On s'en prend plein la tronche à l'image de ce pauvre gars qu’est le héros, qui raconte sa vie de merde et se découvre une destinée unique, un pouvoir unique et un père unique.


J'ai eu soudain cette impression que les producteurs avaient voulu créer le Matrix de la décennie : mêmes schémas narratifs (une Initiation, une Quête : un choix de vie à assumer pour asseoir sa place dans ce monde), mêmes codes, mêmes effets intempestifs et outrageusement ostentatoires. Ils y ont mêlé l'image du Père, modèle et martyr : c'est Neo qui rencontre Anakin. Osé. Tentant. Casse-gueule aussi.


Ajoutez-y de belles bagnoles, des flingues, des explosions, Morgan Freeman, Angelina Jolie et Danny Elfman ; un peu d'humour. Ca fonctionne.


Aussi jouissif que Jumper mais en plus assumé, moins bêtement prépubère. Une grosse claque. Tant pis pour mes neurones. Comme le répète le héros, laconiquement d’abord, puis malicieusement : "Je m'excuse !"