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l'Ecran Miroir

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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.


[critique] Ben-Hur : A tale of the Christ

Publié par Vance sur 23 Janvier 2016, 10:17am

Catégories : #Sur écran : sorties cinéma, #Adapté au cinéma, #Peplum, #Grands classiques, #blu-ray

[critique] Ben-Hur : A tale of the Christ

Voilà une fresque épique qu’on ne présente plus, qui a fait tant couler d’encre que chacun pense en connaître les tenants et aboutissants : premier remake (du film éponyme de 1925) à avoir obtenu un Oscar, premier film à en avoir aligné onze (sur douze nominations !) dont deux prix d’interprétation – ce que ni Titanic, ni le Retour du Roi n’ont pu égaler malgré autant d’Oscars glanés, premier film à avoir été tourné avec les nouvelles caméras 65 mm MGM à piste magnétique quadriphonique (procédé qui fit long feu car les salles s’étaient déjà ruinées dans l’investissement pour des films en 70 mm avec pistes stéréophoniques). Un monument incontournable du cinéma.

Tout le monde a également plus ou moins entendu parler des fausses rumeurs et des légendes (oui, Charlton Heston a bien essayé de conduire un char mais s’est retrouvé éjecté ; non, Audrey Hepburn ne fait pas partie des figurants ; oui, la galère romaine était incapable de naviguer ; non, il n’y a eu aucun mort sur le tournage de la course de chars, qui a tout de même duré cinq semaines et nécessité l’installation d’une infirmerie spécifique ; et, oui, l’un des acquéreurs d’un char au cours d’une vente aux enchères s’est fait arrêter sur l’autoroute alors qu’il le conduisait). Quant au sous-texte à connotation gay, c’est à Gore Vidal, script doctor pertinent et appelé à la rescousse par un William Wyler sceptique, qu’on le doit : afin de renforcer la haine farouche qui opposeront Judah et Messala, il fallait bien davantage que des considérations politiques. Les deux hommes ayant grandi ensemble, il était tout à fait possible qu’ils aient été amants. Ce à quoi feu Heston a opposé un déni formel : normal, Wyler avait accepté les propositions de Vidal à condition que son acteur vedette n’en soit pas tenu informé…

Au-delà des anecdotes croustillantes, le film emporte l’adhésion par sa vision monumentale d’un monde romain sur le point de subir les coups de boutoir d’une nouvelle religion apportant l’espoir aux peuples opprimés, aux sans-grade, à tous ceux qui ne sont pas considérés comme citoyens de droit. Le sous-titre de la première version est formel : A tale of the Christ. Judah, témoin impuissant de l’écroulement de toutes ses valeurs et bien qu’appartenant à la caste dirigeante, recevra l’illumination en aidant un inconnu. Hésitant constamment entre son profond désir de vengeance (et donc de vivre pour l’accomplir) et cette voie qui s’offre à lui comme une rédemption, Ben-Hur affrontera des épreuves insoutenables avant de pouvoir regagner sa patrie en homme libre et d’affronter celui qui fut son ami, voire davantage, et qui ruina sa famille, provoquant leur déchéance et leur maladie incurable.

Nanti d’un acteur au charisme indéniable, Wyler, qui avait été sollicité pour un salaire d’un million de dollars (somme considérable pour un réalisateur !) par la MGM, a patiemment étudié la première version, déjà titanesque, avant de mettre en chantier un péplum grandiose, aux décors impressionnants (ces derniers, par crainte qu’ils soient récupérés par des productions italiennes à petit budget, ont été sciemment détruits par les studios) et à la musique idoine – la Roman March de Miklos Rozsa est un des thèmes les plus célèbres de l’histoire du VIIe Art. A propos d'Italie, les curieux se réjouiront peut-être d'apprendre que, outre Richard Thorpe, un certain Sergio Leone était réalisateur de seconde équipe sur le tournage... 

Malgré sa longueur indubitable et une baisse de régime sensible au milieu, toute l’énergie du film semble tendue vers un objectif : l’incroyable course de chars, véritable film dans le film, épopée sublime maintes fois copiée pour sa maîtrise du cadre et de la vitesse et son montage qui fait la part belle aux exploits des cascadeurs et aux trucages des accessoiristes.

 

 

Ben-Hur, c’est l’épopée ultime au service d’un homme qui se cherche, constamment à cheval entre deux mondes, entre deux peuples, entre deux religions. Plus qu'un peplum.

 

 

 

Titre original

Ben-Hur

Mise en scène 

William Wyler

Date de sortie France 

1er octobre 1960 avec MGM

Scénario 

Tunberg, Anderson, Fry & Vidal d'après le roman de Lew Wallace

Distribution 

Charlton Heston, Stephen Boyd & Jack Hawkins

Musique

Miklos Rozsa

Photographie

Robert Surtees

Support & durée

Blu-Ray MGM (2011) region B en 2.75:1 / 212 min

 

 

Résumé : Judah Ben Hur, fils d'une noble famille juive se bat pour obtenir la liberté de son peuple. Il se heurte à l'hostilité de Messala, un jeune tribun dont il était pourtant l’ami d’enfance, qui fait emprisonner toute sa famille et condamne Ben Hur aux galères. Pendant trois ans, il ne va survivre à cet enfer qu'en gardant un espoir de vengeance envers Messala...

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Vance 10/06/2008 21:12

Non, pas vu, et je pense qu'il sera sur ma liste.

TWIN 09/06/2008 10:49

C'est sans doute le peplum m'ayant le plus marqué. Je ne sais si tu as vu le film muet ? Il est inclus dans l'excellent coffret 4 DVD, et vaut franchement son pesant de cacahouètes.

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