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l'Ecran Miroir

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the 40 Years old Virgin

40 ans toujours puceau

 

Un film de Judd Apatow (2005) avec Steve Carell, Catherine Keener

 

Résumé Cinémovies : A 40 ans, Andy Stitzer a accompli pas mal de choses. Il a un emploi confortable (timbrant les factures pour un magasin d'électroménager), un bel appartement avec une collection de figurines et de bandes dessinées, de bons amis et une bonne allure. Il n'y a qu'une chose qu'il n'ait encore jamais faite et que la majorité des gens ont fait à son âge. Ils l'ont même fait beaucoup. Andy n'a jamais eu de rapports sexuels même par accident. Est-ce réellement un challenge ? Oui, pour ses amis qui décident de l'aider à régler ce problème. Rien n'y fait jusqu'à ce qu'il rencontre Trish, une mère célibataire de trois enfants...

 

Le genre de films pour lequel on se rend en tribu, en groupe, en couple, histoire de rire de concert des mésaventures d'un pauvre gars nanti d'une tare quelconque et qui essaie de s'intégrer. Histoire aussi de se réconforter quelque peu lorsque ces mésaventures rappellent certains souvenirs douloureux ou l’occasion opportune de se bourrer de coups de coude voire d'échanger des clins d'œil au moment où on comprend l'allusion (« Hé, hé, tu te souviens ?... »).

 

En fait, c'était typiquement le cas lors de cette projection dont le souvenir vient de me revenir (agrémenté de 2 ou trois revisionnages du DVD ou sur Canal +) : 45 minutes avant la projection (on a l'habitude de venir très tôt prendre nos places), on n'était qu'une quinzaine, puis ont déboulé des groupes de jeunes et moins jeunes avant que ne déferle un nombre impressionnant de couples. Etonnamment, j'ai remarqué plus d'effusions, d'embrassades ou de gestes de connivence, comme si la ville entière s'était donnée rendez-vous à cet endroit.

 

La diffusion pouvait commencer.

 

Bah, je ne dirai pas grand chose, en fait. Là où je m'attendais à une pochade dans le genre d'American Pie (quelques moments de rigolade alternant avec de longs épisodes consternants), j'ai eu droit à un film plus proche de Mary à tout prix, et j’assistais ainsi à un va-et-vient constant entre la grossièreté et le scabreux tout en maintenant une tendresse certaine pour les personnages. De fait, au lieu d'une avalanche de scènes de fesses, on est surpris de suivre le périple de cet homme que ses collègues ne comprennent pas : comment, à 40 ans, Andy peut-il ne pas avoir connu l'ivresse de la relation sexuelle ? Et à travers les paroles de l'un (« J'ai longtemps cru que t'étais un serial-killer ! ») et l'attitude d'une des femmes (« Vous êtes un pervers ? Ne me faites pas de mal ! »), on s'aperçoit que le propos est plutôt de savoir qui est normal, et qui ne l'est pas.

 

Oh, ne cherchez pas de profondes réflexions : il est évident qu'ici tout procède par touches, le plus souvent sympathiques. C'est bien le mot qui colle le mieux au métrage dans lequel les interprètes apportent avec eux la fraîcheur, la candeur et le comique espérés dans les situations. Steve Carrell est bluffant dans la peau de ce mec de 40 piges collectionnant les figurines issues de comics et de séries TV (les fans reconnaîtront Aquaman, Hulk, Spidey, Oscar Goldman et Steve Austin) et voyant la vie comme un gamin innocent. Paul Rudd, le petit ami de Phoebe dans Friends, est déjanté juste ce qu'il faut. Catherine Keener (Trish) est adorable, elle a ce regard attendrissant qu’on retrouve dans le récent est sublime Into the wild..

 

Entre des dialogues assez crus et des situations poilantes (la scène d'épilation est inoubliable), malgré quelques creux au début, on passe, finalement, un très bon moment. Ensuite, à vous de voir s’il faut nécessairement épiloguer sur cette forme d’apologie de la frustration dans laquelle quelques-uns ont cru voir une manière de réaliser un nouvel idéal d’American way of life. C’est pertinent, il faut le dire, en tout cas bien davantage à mon sens que le fait d’identifier Forrest Gump à un éloge de l’ignorance au service d’un pouvoir tout-puissant. Mais rire à ces gags, parfois bien lourds, mais portés par des gars bien sympathiques, n’engage que votre bonne humeur, pas votre conscience. Savoir si cet homme est plus heureux après avoir consommé (quoi ? J’ai dévoilé la fin ? Oh mon Dieu, quel manque de discernement !) n’est qu’un moyen de se déculpabiliser. Quant à ceux qui n’ont pas ri, je ne peux pas leur en vouloir : c’est loin d’être subtil, en effet. Mais franchement, ça fait du bien, parfois.