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l'Ecran Miroir

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Requiem

Alien vs Predator 2 : Requiem

 

Un film de Colin & Greg Strause (2008)

 

Alors qu’il s’apprêtait à regagner sa planète, l’équipage du vaisseau des Predators arrivés précédemment sur Terre doit affronter l’impensable : la naissance d’un hybride Predator/Alien qui, bien vite, sème la panique. Le vaisseau se crashe dans une forêt des Etats-Unis, non loin d’une petite bourgade tranquille, mais son commandant a eu le temps d’envoyer un SOS, capté par un de ses congénères qui part voir de quoi il en retourne. Pendant ce temps, dans la petite ville, nul ne sait encore qu’elle va être l’épicentre de l’affrontement entre deux races nées pour le combat et la conquête. Bien vite, les victimes alertent l’opinion : des monstres rôdent. La Garde Nationale doit intervenir…

 

Soyons francs : la première tentative pour porter à l’écran l’aboutissement de deux des franchises les plus jouissives du cinéma, dont les aventures disposaient déjà de leur comics bénéficiant d’une bonne presse, avait été un ratage intégral ; une histoire abracadabrante, des intrigues risibles et surtout l’amère déception de ne rien retrouver de la brutale sauvagerie des bêtes imaginées par Giger pour Ridley Scott (Alien, le 8e passager) ni du caractère implacable du tueur de la jungle dans le film de McTiernan. Certes, il y avait quelques idées intéressantes pour tenter de raccrocher l’idée de la mystérieuse Compagnie qui parvient à mener Ripley plusieurs fois en bateau (par le biais d’une nouvelle version de l’androïde – pardon, « homme artificiel » - Bishop), mais elles tombaient à plat dans une guerre interstellaire effaçant ce que les films apportaient en matière d’horreur sous-jacente et de SF nauséeuse. Alien contre Predator premier du nom était raté.

 

Fallait-il donc être sot pour avoir envie d’y retourner ? Voir s’effondrer de véritables mythes cinématographiques, voir balayés d’un travelling hésitant les opus magistraux de Cameron ou de Fincher ?

En fait, il fallait surtout avoir envie de redonner sa chance à l’entreprise, avoir des places pas chères et un peu de temps devant soi.

 

Résultat ? Eh bien, j’ai été agréablement surpris. Non pas que le film soit une réussite majeure du genre, ni même qu’il redonne aux deux franchises leurs lettres de noblesse – mais il s’inscrit dans un parti pris moins ambitieux et plus frondeur, tout en alliant fraîcheur et un peu de malice. C’est parfois con, mais aussi assez jouissif.

Finalement, on est moins devant une resucée d’Alien ou de Predator que face à un slasher movie étonnamment sympathique. Les codes propres à chaque licence ont été intelligemment exploités et ponctués par les bruitages et thèmes musicaux originaux, des clins d'œil directs, une entrée en matière abrupte ; il y a en outre très peu de temps morts et les civils (femmes enceintes et enfants d’abord, juste après les crétins arrogants) sont zigouillés sans trop d'états d'âme. Le bourg devient très vite le spot privilégié de nos bestioles intergalactiques, leur terrain de (jeu) chasse. Certains se récrieront en voyant le crétinisme affiché des humains tentant une vaine opération de survie, les innombrables gimmicks qui en font de réels paradigmes du cinéma bis : la bimbo hurleuse, le héros fraîchement sorti de prison (sans doute pour un crime qu’il n’avait pas commis) et copain avec les flics, l’amoureux transi, le guerrier revenu de tout (ici, une guerrière) et une ribambelle de chair à canon sur pattes. Pour un peu, ce serait Scream au pays des aliens !

 

Mais après tout, on se marre, on frémit un peu et on apprécie les créatures. Le nouveau Predator a de la classe, on retrouve son armure, ses armes multiples et combinables. Les nouveaux Aliens sont assez impressionnants, notamment l’hybride. Un regret – qui aurait fait de ce film une réussite mineure : les combats, souvent dans le noir ou sous la pluie, ne sont pas très lisibles, d’autant qu’on a du mal à distinguer les aliens entre eux : la faute à un montage effréné et des gros plans inutiles. Il faudrait que les réalisateurs réapprennent à poser leurs caméras, une fois pour toutes !

 

Bref, bien bourrin mais agréable. La fin augure d'une suite plus politique, avec son lot de complots occultes. Certes, on est loin de l’efficacité magistrale du film de McTiernan ou de l’intelligence malsaine de la saga Alien, mais AVP premier du nom est presque oublié. Pas de quoi tirer son chapeau, mais un soir entre potes, en DVD, c’est potable.