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l'Ecran Miroir

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[critique] Blue Holocaust : Beyond the darkness

[critique] Blue Holocaust : Beyond the darkness

[critique] Blue Holocaust : Beyond the darkness

Dans le cercle très fermé des amateurs de films d'horreur ayant acquis un statut "culte", Blue Holocaust a réussi à se frayer un chemin aussi discret qu'efficace. Du réalisateur à la bande son en passant par les thèmes abordés, le titre est devenu une certaine référence. Mais de l'eau a coulé sous les ponts de l'horreur au cinéma, et les attentes actuelles ne sont plus exactement les mêmes. Que vaut un tel film à présent ?

Dès le départ, on subit un choc : c'est bien dans le style visuel qu'on s'aperçoit combien ce film de 1979 est éloigné des tendances insipides et codifiées actuelles. Joe d'Amato ne recule devant rien pour conter son histoire. Si le début peut prêter à rire (le jeu limité des acteurs, les costumes affreusement démodés, les situations presque parodiques), la suite - lorsque notre personnage principal commence à ôter les organes internes pour préparer le corps de sa belle morte trop tôt - fait se figer les sourires et engendre le malaise jusqu'à l'écoeurement. 

La mise en scène est outrancière, et ne dédaigne jamais la violence. A coups de gros plans et de zooms comme on n'ose plus en faire, on assiste à des éviscérations et des démembrements aussi jubilatoires qu'objectivement dégueulasses, voire à des séquences lorgnant sur le cannibalisme (époque oblige). On a longtemps hésité entre le fou-rire et la fascination morbide : sans être terrifiant ou horrifique, le film dégage insensiblement quelque chose de malsain dans la façon de narrer la lente descente aux enfers d'un homme perdu. C'est effectivement au niveau de l'ambiance très particulière que le film est susceptible d'acquérir ses lettres de noblesse, car sur les autres plans, le récit ne parvient pas à impressionner, voire à intéresser. On aurait aimer plus d'intensité dramatique avec l'arrivée de la sœur et l'enquête de ce gars soupçonneux (j'étais persuadé qu'il le ferait chanter, mais non, il se contente d'accumuler des preuves...) et le finale n'est malheureusement pas surprenant.


Du coup, on en reste coi. Dès lors qu'on n'a pas le recul nécessaire pour relativiser l'aspect cheap de l'ensemble (quoique quelques séquences et certains travellings montraient un vrai savoir-faire), on ne peut qu'hésiter constamment entre la consternation ("Que c'est laid ! Que c'est mal joué !") et la curiosité d'en voir davantage. Quant à moi, le malaise dispensé par le film disparaissait bien vite, laissant quelque chose d'amer et de désagréable, une certaine frustration - et un sourire las lorsque je relis le titre européen, complètement ridicule (Buio Omega a été distribué aux Etats-Unis sous le titre Beyond the darkness, plus approprié, et a circulé en France sur le marché vidéo sous le titre Folie sanglante).

 
Ces films étaient marqués autrefois par l'interdit, le tabou : ces réalisateurs ne supportaient aucune compromission pour exposer leurs fantasmes et préoccupations. Rétrospectivement, on se dit qu'on aurait bien du mal aujourd'hui à voir ce genre de choses dans nos salles de cinéma.


Merci quand même au sympathique Sypnos, grand gourou du web en matière de film d’horreur : à l’heure où s’approchent les fêtes d’Halloween, il était normal que je remette cette chronique.


Le DVD proposait une VF : dès le départ, on s'aperçut de notre erreur avec un doublage assez catastrophique, mais l'heure tardive n'encourageait pas à se payer de l'italien. La musique des Goblin constitue l'autre choc de la bande son : vaguement inspirée de Genesis, elle serait aujourd'hui complètement en décalage avec le sujet mais possède une tonalité singulière qui engendre une forme d'hypnotisme sonore. Au final, on s'y fait. L'image est plutôt nette, dans des tons crus annonçant la suite. Quelques séquences dans la pénombre manquent de définition, surtout sur les visages, mais le film ne trahit pas trop son âge et le pressage est plutôt réussi.

 

 

 

Titre original

Buio Omega

Réalisation 

Joe d'Amato

Date de sortie

30 juin 1982

Scénario 

Ottavio Fabbri d'après une histoire de Giacomo Guerrini

Distribution

Kieran Canter, Cinzia Monreale & Franca Stoppi

Photographie

Joe d'Amato

Musique

Goblin

Support & durée

DVD Neo Publishing (2004) zone 2 version non censurée en 1.77:1 / 91 min

 

Synopsis : Il s’agit d’un amoureux transi de sa belle décédée trop tôt. Comme il a hérité d'une grande propriété et d'une grosse fortune, il décide de la conserver à ses côtés (la taxidermie est sa marotte). Aidé de sa femme de chambre ambitieuse, il sacrifiera à l'amour de sa promise morte toutes les personnes qu'il rencontrera. Mais un homme s'est aperçu de son manège et commence à enquêter...