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l'Ecran Miroir

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[critique] Silent Hill, the movie

[critique] Silent Hill, the movie

[critique] Silent Hill, the movie

Je ne sais pas ce qui m’a le plus énervé, mais très vite, les dialogues à la limite de la stupidité et la musique sans intérêt ont clairement mis des bâtons dans les roues de mon enthousiasme. Christophe Gans, que je respecte énormément (malgré une relative déception après le Pacte des Loups, mais dont le Crying Freeman m’avait terriblement séduit), s’était-il embourbé dans un pari (trop) osé ? S’était-il fait museler par un trop grand respect aux codes des jeux vidéo, sans parvenir à s’affranchir du cadre vidéoludique trop rigide ? Bref, hormis des compositions de plans bien léchés et des cadrages habiles, la première heure me laissait de plus en plus sur ma faim, d’autant que le déroulement ne plaidait pas du tout en faveur de la tension attendue. Déjà, comment peut-on honnêtement vibrer pour cette (ravissante) femme qui se transforme en commando dès le lendemain des premières ténèbres ? Mon fils a eu un mot très fin d’ailleurs à ce sujet, évoquant la parenté avec le jeu vidéo : « elle est montée d'un niveau ». D’autant que ces ténèbres ne parviennent pas à instiller la peur, ni même l’angoisse.

 

Pourtant, tout y est : Silent Hill (la ville) est un lieu au potentiel extraordinaire dont chaque recoin, chaque pièce, chaque porte pourrait receler un danger terrifiant, un individu mystérieux, un décor surnaturel. Du coup, et très bizarrement, c’est davantage dans les déplacements de l'héroïne sous la pluie de cendres que dans ses courses en pleines ténèbres que l’intérêt augmente, d’autant qu’en parallèle, le mari mène une enquête discrète mais efficace. J’ai d’ailleurs préféré les nombreux sous-entendus dégagés par sa discussion avec la nonne et le flic à la révélation finale, bien trop directe et théâtrale. Silent Hill aurait mérité de conserver plus largement une certaine aura de mystère et de jouer davantage sur le morbide, l’inconnu, le glauque. L'étrange, en somme.

 

Et puis, Rose s’en sort toujours si facilement ! Lorsqu’elle débouche dans la chambre d’hôtel, on entend une voix lui disant qu’elle a ENFIN réussi à la trouver, alors qu’on n’a pas vraiment l’impression qu’elle ait traversé autant d’épreuves que cela ! Mais peut-être est-ce dû à une mise en scène très dynamique : les deux heures sont passées si vite ! C’est alors que je me suis dit que j’en aurais bien pris pour une heure encore et qu’à la place d’un happening sanglant (et violent), j’aurais préféré continuer de voir Rose errer dans ces décors lugubres, comme dans une lancinante exploration des abords de l’enfer. Une errance labyrinthique, sans but, sans espoir, allant de découvertes en découvertes, une peu comme dans l’excellent Hellraiser 2 (lorsqu’on entre dans la « dimension » infernale du Cube des Cénobites).

 

Sur la durée, ce sont bien ces pérégrinations qui emportent l’adhésion et entretiennent la curiosité, c’est bien Silent Hill (la ville) qui est au centre du film. Envoûtant et décalé, c'est le lieu de tous les fantasmes. La quête de la fille semble à côté si peu intense, si vaine, notamment parce que les images proposées inhibent toute émotion. Tout le contraire par exemple d’un Dark Water (celui avec Jennifer Connelly) où le seul intérêt résidait justement dans cette relation mère-fille qui passait si bien à l’écran. En revanche, et a posteriori, j’ai aimé cette utilisation de personnages féminins qui occupent la quasi-totalité du film et la femme-flic (Cybil) est un vrai bonus pour l’histoire.

 

Reste au final une sensation douce-amère à l’image de la très belle fin, sensible, éthérée, mystérieuse, qui sort un peu du cadre de la franchise Silent Hill mais inscrit le film dans un registre bien à lui. Sans jamais avoir vraiment adhéré, j’ai aimé suivre cette plongée dans un inconnu fascinant et, sans avoir vraiment aimé le film, j’ai adoré Silent Hill (la ville).

 

 

 silenthill.jpg

Titre original

Silent Hill

Mise en scène 

Christophe Gans

Date de sortie France 

26 avril 2006 avec Metropolitan FilmExport

Scénario 

Roger Avary & Christophe Gans d'après l'oeuvre d'Akira Yamaoka

Distribution 

Radha Mitchell, Laurie Holden & Sean Bean

Musique

Jeff Danna

Photographie

Dan Laustsen

Support & durée

Blu-ray Metropolitan (2014) region B en 2.35:1 / 127 min

 

 

Résumé par Caramia : Rose est une mère inquiète des impressionnantes crises de somnambulisme de sa fille adoptive Sharon. Elle décide de l'emmener à Silent Hill, une ville a priori oubliée de Virginie occidentale que la petite fille de 10 ans mentionne inlassablement lors de ses crises. Arrivée sur place, elle perd la trace de sa fille suite à un accident de voiture. Après avoir appelé à l'aide son mari - qui bien évidemment partira à leur recherche - et aidée d'une femme policier, elle commence à explorer Silent Hill, décidée à retrouvée sa petite Sharon. Mais Silent Hill est une ville particulière : abandonnée plus de 30 ans auparavant suite à des événements tragiques, elle enferme ceux qui y pénètrent dans des réalités alternatives très angoissantes.