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l'Ecran Miroir

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Tenet : potentiel énorme et artificialité

Tenet : potentiel énorme et artificialité

Tenet : potentiel énorme et artificialité

Les films sur le temps, ça n'est pas nouveau. Paradoxe temporel, voyage dans le temps, etc., on en a vu à peu près toutes les couleurs. Depuis 1933 avec le film Berkeley Square de Frank Lloyd, ces oeuvres existent et ont connu pour bien d'entre elles pas mal de succès (Retour vers le futur, Terminator par exemple).
Mais, au bout d'un moment, ces films s'usent, deviennent prévisibles et finissent par se ressembler les uns aux autres. L'effet de surprise s'estompe peu à peu, surtout lors des paradoxes temporels.
Cependant, et malgré ça, Nolan arrive encore à nous impressionner dans son dernier film, Tenet, en nous sortant une idée jusqu'ici peu développée. Au risque de vous spoiler - ce qui est en soit déjà fait - je n'en dirai pas plus.

Tenet : potentiel énorme et artificialité

Avant qu'un film ne sorte sur grand écran, il y a, pour le présenter, une bande annonce. Comprenant des scènes du film permettant d'amener l'intrigue, pour allécher le spectateur et lui donner envie de le regarder. Simple, efficace, et permettant un maximum de profits (surtout pour les blockbusters).
Mais comment peut-on valoriser un film sans même parler de quoi il s'agit ? Essayez de présenter un produit sans même en dire son utilité. Le nombre d'acheteurs sera, indéniablement, négatif.

Malheureusement, la bande annonce de Tenet n'inspire rien. Tout comme son synopsis d'ailleurs, le nombre d'informations qu'il contient est proche de 0. Tout ce qu'on sait, avant de voir le film, c'est qu'un homme doit empêcher la fin du monde. Un contexte manquant de corps, et d'originalité.
Ne fût-ce que ça ce grief aurait pu être facilement pardonné. Une argutie portant sur la bande annonce ne porte pas sur le film en lui-même et par conséquent, ce n'est plus une argutie. Toutefois Nolan, dans Tenet, a voulu laisser des mystères - un peu trop - résultant dans une bande annonce superflue.

Tenet : potentiel énorme et artificialité

Car le scénario est complexe. D'une telle complexité qu'on ne comprend pas toujours tout, et qu'à attendre une réponse à nos questions, on s'en lasse. Tenir 2h30 devant un film sans pouvoir tout appréhender, c'est long. Rien que les premières scènes nous laissent perplexes devant l'incompréhension du héros, les scènes pas crédibles (wow l'efficacité du gaz ! Pourquoi il vit dans une éolienne ?), un manque de visibilité et d'attache (qui est qui ? Y a-t-il un héros ?) et des dialogues étranges (fin de monde ? On ne sait rien du monde en lui-même !). Dialogues qui ne s'amélioreront pas durant le reste du film, avec un manque de réalisme et de fluidité, pour nous perdre dans de sempiternelles logorrhées scientifiques.

Tenet : potentiel énorme et artificialité

Il en résulte un déséquilibre du rythme. On ne sait jamais ce que le héros fait, ni pourquoi. Il aurait fallu annoncer un but plus clair et plus précis au début du film, au lieu de le suggérer au milieu. Car au bout d'une heure trente, on se demande quand ça finit.

Tenet n'arrive pas à se démarquer des autres films d'action. Malgré certaines bonnes scènes pouvant se compter sur les doigts d'un extra-terrestre maladroit (l'autoroute par exemple), le reste n'est pas prenant, dû encore une fois aux mystères et aux questions ainsi que le lot d'incohérences s'amoncelant au fil de l'intrigue, la faisant perdre en crédibilité (par exemple, quand il marche à l'envers et que personne ne le remarque).

Comme dit au début, Nolan parvient à nous surprendre avec Tenet, en instaurant ses propres lois et son propre univers. Son idée de base n'étant pas très développée dans le monde du cinéma, il arrive à assez bien la valoriser à travers des effets plutôt réussis.

Tenet : potentiel énorme et artificialité

C'est ici qu'est le problème : en voulant y intégrer trop de mystères du fait que son univers nous est totalement inconnu, le spectateur se perd souvent dans les dialogues auxquels il ne comprend rien. Au risque de me répéter, il faut être très attentif et être sûr de n'avoir loupé aucun détail pour - seulement - essayer de comprendre la trame.

Pour finir, les relations entre les personnages sont floues. Neil, qui apparaît subitement et devient immédiatement le super pote du Protagoniste (encore un héros sans nom), ce dernier qui s'attache à Katherine après l'avoir vue deux fois au point de risquer la vie de l'univers pour sauver la sienne... traduisent une forme d’artificialité dans les émotions et les sentiments qui empêchent de prendre fait et cause pour qui que ce soit.

Au final, Tenet aura été un film au potentiel énorme mais malheureusement mal exploité. Un scénario un peu plus travaillé pour éviter certaines erreurs évidentes n'aurait pas été de refus. Car, après être sorti de la salle de cinéma, plus on réfléchit au film, plus on trouve des failles et des incohérences, surtout vers la fin qui paraît bâclée, dévalorisant le reste de l'histoire.  Dommage.

Bref... le film était sympa. Assez bizarre, mais sympa. C'est plus un film à regarder en famille, pour vous redonner le sourire. Ne pensez plus à rien, prenez place et passez un bon moment.

 

Synopsis : Muni d'un seul mot – Tenet – et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l'univers crépusculaire de l'espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s'agit pas d'un voyage dans le temps, mais d'un renversement temporel…

Titre original

Tenet

Date de sortie en salles

26 août 2020 avec Warner Bros.

Date de sortie en vidéo

 

Date de sortie en VOD

 

Réalisation

Christopher Nolan

Distribution

John David Washington, Kenneth Brannagh, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Michael Caine & Clémence Poésy

Scénario

Christopher Nolan

Photographie

Hoyte van Hoytema

Musique

Ludwig Göransson

Support & durée

70 mm Laser Ultra en 2.35 :1/150 min