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l'Ecran Miroir

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[critique] La Grande Muraille

[critique] La Grande Muraille

[critique] La Grande Muraille

Un film de Zhang Yimou, produit en partie par des américains, avec Matt Damon dans le rôle d’un mercenaire qui va devoir se battre sur la Grande Muraille de Chine contre des centaines de milliers de monstres pour sauver son honneur. La Grande Muraille est probablement le projet le plus con – ou plutôt invraisemblable - de ce début d’année, mais n’en demeure pas moins très efficace… avec un peu d’indulgence. Une grosse série B de luxe.

Un film de Zhang Yimou, c’est souvent la promesse d’un grand spectacle mis en scène avec un certain talent, aux décors et costumes somptueux et aux chorégraphies inventives. On pense notamment à Hero, La Cité Interdite ou Le Secret Des Poignards Volants, de gros succès en France acclamés par le public et qui sont des divertissements certes très formatés pour le public occidental mais non dénués de qualités.

[critique] La Grande Muraille

En partie produit aux Etats-Unis chez Legendary (les pro du film de monstre avec Godzilla, Pacific Rim et Kong), son nouveau projet, La Grande Muraille, a vraiment de quoi étonner.

Et nous faire craindre un résultat à la limite du nanar.

Les bandes annonces ne mentent d’ailleurs pas du tout sur la marchandise : oui oui, c’est bien un film se déroulant dans une Chine d’Heroic Fantasy et dans lequel Matt Damon se bat contre des espèces de dragons de Komodo… Et c’est à peu près tout ce qu’est La Grande Muraille. C’est déjà pas si mal vous nous rétorquerez et certains spectateurs, comme nous avouons-le, n’ont d’ailleurs pas besoin de plus que ça pour avoir envie de voir ce genre de film. Matt Damon contre des dragons ! C’est tellement improbable que oui, on peut trouver un certain plaisir déviant à voir un film que l’on sait par avance être complètement con.

Ce qu’il est assurément.

[critique] La Grande Muraille

Toutefois, c’est réalisé par Zhang Yimou… On a certes connu le metteur en scène bien plus inspiré, il dirige une fois de plus un long-métrage efficace et riche en scènes d’action. N’attendez cependant rien de plus qu’une bonne grosse série B de luxe (quoiqu’il s’agit d’un gros budget en comparaison des précédents films chinois du réalisateur) faisant la part belle aux séquences musclées et aux effets spéciaux numériques parfois d’une autre époque. On passe ainsi quasiment la totalité du long-métrage à voir des centaines de milliers de créatures (moches, au design peu inventif - ce n’est pas en foutant les yeux des dragons au niveau de leurs épaules que l’on fait preuve d’une véritable originalité - et copiées collées) se précipiter en bas de la grande muraille, tandis qu’une poignée de soldats tente tant bien que mal de les repousser. Paul Verhoeven et Peter Jackson n’ont pas de soucis à se faire, les séquences de l’attaque du camp de base de Starship Troopers et du gouffre de Helm dans Le Seigneur Des Anneaux Les Deux Tours restent insurpassées.

[critique] La Grande Muraille

Cependant le spectacle que nous propose Zhang Yimou n’a rien de déshonorant, d’autant que les batailles sont régulièrement ponctuées d’idées sympathiques. On apprécie notamment le superbe boulot effectué sur les costumes, avec ces armures très colorées renforçant encore plus l’aspect fantasy du film. En revanche, il faudra se montrer indulgent envers tout le reste et ne pas faire la fine bouche pour être satisfait de La Grande Muraille. La mise en scène manque parfois d’ampleur, avec de beaux plans larges sur la Grande Muraille rappelant à quel point le reste du film semble étriqué (cela aurait pu se passer dans n’importe quel autre endroit de Chine). L’écriture est laborieuse, facilitée par un nombre hallucinant de Deus Ex Machina et n’est que prétexte à justifier la présence de Matt Damon en tête d’affiche d’un blockbuster qui a priori vise – avec un peu trop d’opportunisme il semblerait - un immense succès aux US mais aussi et surtout en Chine. Le scénario enfile les clichés comme des perles et l’on a systématiquement une bonne longueur d’avance sur l’intrigue. On pense au très beau film d’Edward Zwick, The Last Samuraï, ici crédité comme scénariste à ce propos, mais sans une once de subtilité, de crédibilité historique ou d’empathie pour les personnages. On se fout totalement du parcours des protagonistes principaux, en raison d’une caractérisation balourde empêchant de s’attacher à qui que ce soit. Willem Dafoe et Andy Lau sont complètement sous employés et ne servent à rien, Matt Damon ne donne jamais l’impression de jouer son personnage (on voit Matt Damon faire du Matt Damon), et seule Jing Tian, débordante de charisme, semble avoir un rôle un peu plus consistant à interpréter.

La Grande Muraille est un objet filmique rigolo dans sa façon de courtiser deux publics différents, au schéma scénaristique éculé, tellement stupide que l’on peut passer une séance de cinéma fendarde à regarder Matt Damon avec sa longue perruque Nicolas Cagesque et son arc mettre des patates à des lézards géants.

 

Titre original

The Great Wall

Mise en scène

Zhang Yimou

Date de sortie

11/01/2017 avec Universal Pictures

Scénario

Carlo Bernard, Doug Miro, Tony Gilroy, Max Brooks & Edward Zwick, Marshall Herskovitz

Distribution

Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal, Willem Dafoe & Andy Lau

Photographie

Stuart Dryburgh & Zhao Xiaoding

Musique

Ramin Djawadi

Support & durée

2.35 : 1 / 104 minutes

 

Synopsis : Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.