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l'Ecran Miroir

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[critique] Hardcore Henry : First Person Action Movie

Publié par Nico sur 6 Avril 2016, 17:14pm

Catégories : #Sur écran : sorties cinéma, #Cinéma 2016

[critique] Hardcore Henry : First Person Action Movie

Une expérience cinématographique unique en son genre – ou presque - fondée sur un concept aussi ludique qu’intrigant. Hardcore Henry est plus proche d’un jeu vidéo que d’un film traditionnel, se voulant théoriquement plus immersif. Le résultat, techniquement impressionnant, déçoit surtout en raison de choix narratifs incompréhensibles et d’un scénario ridicule.

Mieux vaut ne pas avoir d’a priori lorsque l’on regarde un film aussi « original » qu’Hardcore Henry. Avec sa vue à la première personne et le mutisme de son personnage principal, le film d’Ilya Naishuller se rapprocherait presque d’une expérience vidéoludique dans laquelle le spectateur lui-même – en totale immersion - serait à la place du héros. Autant dire que nous étions intrigués par le résultat - car si la note d’intention était bien respectée, le spectacle aurait pu être jubilatoire.

En l'état, s’il faut reconnaître une qualité au réalisateur, c’est d’avoir su garder une ligne de conduite tout du long, le film ne s’éloignant jamais de son concept de base. Techniquement impressionnant, Hardcore Henry enchaîne les séquences folles et survoltées avec une énergie constante. Les amateurs d’action ne devraient pas faire la fine bouche, car le film propose littéralement de se mettre à la place de ce héros quasi invulnérable qui passe son temps à se bastonner en changeant régulièrement d’armes et d’environnement (corniches de buildings, boîte de striptease, base aérienne, poursuites en moto…). Ilya Naishuller en donne toujours plus, faisant preuve d’une inventivité assez remarquable pour mettre son héros dans des situations over the top (il s’en moque d’ailleurs lors de la scène du cheval). Le film est généreux, et l’on ne peut pas dire qu’il ne soit pas visuellement bluffant par instants.

Toutefois l’on serait presque plus intéressés de voir le making-of que le film. Car celui-ci nous a déçus en raison de choix de mise en scène incompréhensibles. Ou du moins discutables. L’immersion si importante pour le réalisateur ne fonctionne qu’en partie en raison d’un surdécoupage – inutile dans le récit - de l’action. De longs plans séquences auraient peut-être été plus judicieux. D’autant qu’il est parfois difficile de comprendre ce qu’il se passe à l’écran lorsqu’il y a trop de mouvements.

Autre élément à controverse : la violence extrême du film. Avec un titre pareil, il fallait s’y attendre. Néanmoins le fait de placer le spectateur non pas en observateur mais en acteur change la perception qu’il peut avoir des actes commis par le héros. Ilyan Naishuller semble jouer sur cette impression d’écoeurement, comme s’il voulait que son public ressente un certain malaise. Derrière ce délire punk de sale gosse se cache peut-être un projet de dénonciation ambitieux sur le pouvoir de fascination qu’entretiennent les médias vis-à-vis des spectateurs voyeurs. Le problème est que le scénario ne suit pas. On pourra nous répondre qu’il est volontairement nébuleux car le héros lui-même ne sait pas ce qu’il fait ou que parce qu’il est muet il ne fallait pas s’attendre à une histoire très dense, cependant l’ensemble est quand même souvent ridicule.

Restent quelques bonnes idées, notamment tout ce qui concerne le personnage de Sharlto Copley (L’Agence Tous Risques, Maléfique), cabotinant comme rarement même si la justification est plutôt habile. Haley Bennett (Le Come Back) quant à elle possède un rôle très secondaire.

Hardcore Henry n’est donc pas un mauvais film, il n’est pas détestable. Juste clivant. Certains adhéreront, d’autres le rejetteront totalement. Au moins, il ne laisse pas indifférent. Et dans un sens, ça a tout du film culte. Si vous comprenez le délire.

A tester !

 

 

 

Titre original

Hardcore Henry

Mise en scène 

Ilya Naishuller

Date de sortie

13/04/2016 avec Metropolitan FilmExport

Scénario 

Ilya Naishuller & Will Stewart

Distribution 

Haley Bennett, Sharlto Copley, Danila Kozlovsky, Ilya Naishuller & Tim Roth

Photographie

Vsevolod Kaptur, Fedor Lyass & Pasha Kapinos

Musique

Darya Charusha

Support & durée

1.85 : 1 / 96 minutes

 

Synopsis : Attachez votre ceinture. Hardcore Henry est certainement l’expérience la plus intense et la plus originale à vivre au cinéma depuis bien longtemps ! Vous ne vous souvenez de rien. Votre femme vient de vous ramener à la vie. Elle vous apprend votre nom : Henry. Cinq minutes plus tard, vous êtes la cible d’une armée de mercenaires menée par un puissant chef militaire en quête de domination du monde. Vous parvenez à vous échapper mais votre femme se fait kidnapper. Vous voilà perdu dans un Moscou hostile. Ici tout le monde semble vouloir votre mort. Vous ne pouvez compter sur personne. Sauf peut-être sur le mystérieux Jimmy. Pouvez-vous lui faire confiance ? Arriverez-vous à survivre à ce chaos, sauver votre femme et à faire la lumière sur votre véritable identité ? Bonne chance Henry, vous allez en avoir besoin.

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