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l'Ecran Miroir

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[critique] the Revenant : l'expérience ultime

[critique] the Revenant : l'expérience ultime

[critique] the Revenant : l'expérience ultime

Une expérience cinématographique intense, portée par une réalisation hors norme – quoiqu’un peu trop démonstrative - et une interprétation qui pousse l’investissement d’un acteur à son paroxysme. Son léger manque d’émotion n’empêche pas The Revenant d’être une claque en termes d’immersion sensorielle. Une réussite à ne pas louper au cinéma.

Un an après le virtuose Birdman, Alejandro Gonzáles Iñárritu nous assène une nouvelle claque cinématographique. De celles que l’on se prend avec joie, conscients de vivre une expérience unique qui fera date dans l’Histoire du cinéma.

Du moins d’un strict point de vue « technique ».

Car si The Revenant a de nombreuses qualités, sa principale est de proposer un spectacle qui tient de l’inédit en termes d’immersion sensorielle. Rarement les spectateurs n’auront été placés au cœur de l’action avec autant de force et d’intelligence (quoique récemment Mad Max Fury Road et Gravity y arrivaient très bien également). Cadres absolument somptueux composés de magnifiques mais hostiles décors naturels, montage judicieux, plans séquences bluffants, environnement sonore hallucinant de précision et ultra enveloppant, tout est fait pour que vous ressentiez les éléments (on pourrait quasiment sentir le froid et le vent !) avec la même intensité que les personnages.

C’est peu dire que The Revenant est un film éprouvant (ah, cette scène de combat contre l’ours !). Il faut dire que le réalisateur, comme à son habitude, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère puisque les conditions de tournage pour arriver à un tel résultat – le plus réaliste possible - étaient apparemment particulièrement désagréables. Raison de plus pour saluer l’incroyable travail, ou plutôt ce défi fou, mené de main de maître par cette équipe aussi courageuse que complètement tarée. Bien entendu, et vous n’êtes pas sans le savoir étant donné tout le battage – justifié - qu’il y a autour, mais pour un film aussi exceptionnel il fallait une interprétation à la hauteur des attentes. Inutile de préciser que Leonardo DiCaprio est une nouvelle fois impressionnant, et que l’Oscar ne devrait pas lui échapper (bien qu’il aurait déjà dû en avoir un depuis très longtemps, d’autant que sa prestation dans The Revenant n’est peut-être paradoxalement pas sa meilleure !). Son duel face à un Tom Hardy déchaîné est d’une rare intensité. Les deux acteurs feraient presque de l’ombre aux pourtant impeccables Will Poulter (Les Miller, Le Labyrinthe…) et Domhnall Gleeson (Ex Machina, Il Etait Temps, Star Wars, Harry Potter…).

On pourra cependant émettre une réserve sur le léger manque d’empathie et d’émotions eu égard à cette histoire de vengeance. Cela n’est pas dû au jeu (on n’est même plus dans du jeu à ce niveau d’investissement, poussé à son paroxysme) des comédiens, mais plutôt à la relative « froideur » générale. L’on a parfois l’impression de ne ressentir que le côté démonstratif du film, au détriment d’une plus grande implication émotionnelle. Une sensation probablement liée à la lenteur du métrage, peu bavard, d’autant que son scénario, jouant beaucoup sur les métaphores, ne passe pas son temps à tout surexpliquer. Tant mieux, mais il faut adhérer à la démarche. L’on pense, et c’est flatteur, à la symbolique de Gravity avec ce personnage qui renait sans cesse (de sous l’ours, la glace, la carcasse d’un cheval, la tente) jusqu’à atteindre son apogée (ou sa pleine capacité).

Difficile d’en parler plus avant sans dévoiler certains rebondissements. The Revenant est une expérience unique en termes d’immersion sensorielle qui se doit d’être vécue au cinéma.

 

 

 

Titre original

The Revenant

Mise en scène 

Alejandro Gonzáles Iñárritu

Date de sortie

24/02/2016 avec la 20th Century Fox

Scénario 

Mark L Smith & Alejandro Gonzáles Iñárritu, d’après Michael Punke

Distribution 

Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson & Will Poulter

Photographie

Emmanuel Lubezki

Musique

Ryuichi Sakamoto

Support & durée

2.35 : 1 / 156 minutes

 

Synopsis : Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.