Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

l'Ecran Miroir

l'Ecran Miroir

Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.


[critique] Outrage Beyond : Faites pas chier Takeshi !

Publié par Vance sur 15 Novembre 2015, 10:50am

Catégories : #blu-ray, #Cinéma asiatique, #Sagas & franchises, #Cinéma 2015, #Sur écran : sortie vidéo

[critique] Outrage Beyond : Faites pas chier Takeshi !

Dans le cadre d'une nouvelle opération DVDTrafic, j'ai pu satisfaire ma curiosité en visionnant la suite d'Outrage, film de Takeshi Kitano présenté à Cannes en 2010. Outrage : Beyond n'aura cette fois pas les honneurs des salles obscures, mais les amateurs du génial touche-à-tout nippon vont sans doute se pourlécher les babines en apprenant que le DVD (et le blu-ray) seront mis en vente dès le 18 novembre prochain.

Mais qu'en est-il de cet Outrage 2 ?

Si le premier volet avait impressionné (et ravi) les spectateurs par sa violence brute fondée sur des règlements de compte et des trahisons au sein d'un clan yakuza, celui-ci est clairement orienté différemment. D'abord, Otomo (interprété par un Kitano encore plus laconique que d'habitude, d'une placidité presque dédaigneuse) n'apparaît pas tout de suite : le bonhomme est réputé mort, ce qui laisse le champ libre à une exposition lente dans laquelle de nombreux enjeux sont posés. Ainsi, on apprend qu'un clan commence à faire un peu trop d'ombre aux autres, qui s'interrogent sur le maintien (et la viabilité) d'un ancien pacte de non-agression mutuel : le clan Sanno, suite aux événements du premier épisode, est désormais soumis à la volonté de jeunes loups aux dents longues, et inquiète tant les yakuzas rivaux que les forces de l'ordre, largement corrompues, mais qui essaient de naviguer entre deux eaux. Un inspecteur également rongé par la volonté de reconnaissance, prêt à tout pour se faire un nom, monte une opération compliquée visant à engendrer un conflit ouvert entre les clans. Véritable mouche du coche, d'une obséquiosité sans nom, le détective Kataoka attendra le moment opportun pour sortir sa carte maîtresse : Otomo, emprisonné, est sur le point d'être libéré. Le problème est que l'ex-yakuza ne veut plus du tout endosser le costume de chef de gang et semble fermement décidé à laisser toutes ces turpitudes derrière lui.

On se retrouve ainsi avec preès de deux tiers du film consacrés à des dialogues interminables où chacun se jauge, se défie, s'admoneste ou s'excuse, tentant autant que faire se peut de conserver un peu de dignité même face à l'ennemi juré. Comme toujours au pays du Soleil levant, il y est question d'honneur et de tradition : le déséquilibre des forces en présence est patent (le film commence par le repêchage d'une voiture contenant le corps d'un ministre corrompu) mais on ne déclare pas la guerre aussi facilement, surtout si on peut régler les problèmes par quelques assassinats commandités en sous-main. L'important est de ne surtout pas laisser de trace. C'est là que Kataoka va s'employer, assez malicieusement, à aiguillonner les plus ambitieux, titiller les plus susceptibles et surtout pousser Otomo à entrer dans la danse.

Ceux qui recherchent les gunfights incessants et les litanies de cadavres en seront pour leurs frais : les chefs de clans font tout pour maîtriser la situation et éviter que cela dérape, quitte à sacrifier quelques lieutenants un peu trop entreprenants. Les exécutions seront sommaires, brèves, violentes certes mais surtout discrètes. Il y a une nonchalance réjouissante dans la manière dont les hommes de main se débarrassent des gêneurs, et l'on y retrouve une certaine stylisation du combat armé qui ravissait les fans. Cependant, la multiplication des noms et situations, le rythme languissant et cette sorte d'attente interminable fait qu'on a du mal à rester concentré sur le film qui peine à simplement satisfaire et échoue à passionner. L'interprétation n'évite pas les stéréotypes et l'on a parfois la sensation étrange que Kitano se fout un peu de tout cela. En revanche, le finale est délicieusement suggestif et redore le blason d'une oeuvre austère et bancale dont on se demande même l'intérêt.

 

 

Titre original

Autoreiji : Biyondo

Mise en scène 

Takeshi Kitano

Date de sortie France 

18 novembre 2015 avec Metropolitan (DTV)

Scénario 

Takeshi Kitano

Distribution 

Takeshi Kitano, Ryo Kase & Yutaka Matsushige

Musique

Keiichi Suzuki

Photographie

Katsumi Yanagijima

Support & durée

Blu-ray HK (2015) Region B en 2.40:1 / 110 min

 

 

Synopsis : Alors que la police prépare une opération à grande échelle visant la pègre japonaise, le détective Kataoka organise la sortie d’Otomo, prétendument mort en prison. Cet ancien parrain dont le clan a été décimé ne tarde pas à imposer sa loi pour regagner son rang parmi les puissants...

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents