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l'Ecran Miroir

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Quand je regarde l'écran, l'écran me regarde.


[critique] Dumb & Dumber De : la connerie comme un art

Publié par Nico sur 14 Décembre 2014, 12:01pm

Catégories : #Cinéma 2014, #Sur écran : sorties cinéma, #Sagas & franchises

Une suite 20 ans après à l'un des films les plus crétins de l'Histoire du cinéma ? Si l'idée vous paraît tout aussi crétine, c'est logique ! Et tant mieux ! Dumb & Dumber De est drôle, et même s'il a tendance à un peu trop recycler d'anciennes blagues, s'avère totalement recommandable, le célèbre tandem fonctionnant encore très bien.

Une grande première pour Peter et Bobby Farrelly, qui ont toujours refusé de faire des suites à leurs films, y compris ceux ayant eu un énorme succès. Mais l'occasion était trop belle pour faire ce Dumb & Dumber De, près de 20 ans après. C'est à Jim Carrey que l'on doit cette idée, qui, ayant revu le premier film (et accessoirement le premier des réalisateurs) il y a quelques années, a proposé aux frangins de se replonger dans l'univers de nos deux crétins préférés. L'acteur ayant toujours lui aussi décliné le principe de reprendre ses anciens rôles (à l'exception d'Ace Ventura), l'on pouvait alors se dire que l'équipe devait avoir trouvé une justification géniale pour motiver ce Dumb & Dumber De. En fait, la raison est simple : Lloyd et Harry n'ont pas besoin d'évoluer avec le temps, ils sont restés les mêmes qu'il y a 20 ans, alors pourquoi ne pas les retrouver de nouveau dans une deuxième aventure ? On le ressent à la lumière de cette suite : avec leurs costumes délavés et débraillés, leur coupe de cheveux, leurs dialogues « cultes », ils sont en fait devenus comme des super-héros, des emblèmes ou des porte-étendards de la connerie plus que de simples personnages de fiction, et de fait, il est désormais possible de leur faire vivre à peu près tout ce que l'on veut. Y compris, donc, de leur faire revivre quasiment la même histoire avec les mêmes situations grotesques.

La bande-annonce faisait d'ailleurs craindre un gros manque d'inspiration, celle-ci ne faisant référence qu'à d'anciennes séquences en multipliant lourdement les clins d'oeil au précédent long-métrage. Et s'il est vrai que le film a tendance à recycler beaucoup de blagues, l'on ne peut pourtant nier que les auteurs ont tenté d'apporter nombre de nouveaux gags. A tort ou à raison, cela dépendra surtout des spectateurs. Certaines scènes fonctionnent ainsi admirablement, d'autres beaucoup plus osées auront un peu de mal à passer à cause de leur grossièreté. En tous cas, il y en a pour tous les goûts. On ne peut pas reprocher aux réalisateurs de ne pas faire preuve d'inventivité, ni aux comédiens de ne pas s'investir dans leur rôle. Il faut voir ces deux zigotos, la cinquantaine largement dépassée, se donner à fond et en faire des tonnes pour notre plus grande satisfaction. Car c'est avant tout bien pour le duo que forment Jim Carrey et Jeff Daniels que l'on vient voir ce Dumb & Dumber De. Cela fait un bien fou de les retrouver en forme, de voir que leur duo marche toujours autant, en affirmant encore une fois qu'il faut un réel génie pour incarner avec un tel talent des personnages aussi stupides, mesquins et immatures. Il faut dire que l'on était un peu en manque de vraie bonne connerie, de celles qui ne tentent pas maladroitement d'asséner une morale pour « s'excuser » de dépasser les limites (on pense à quelques productions d'Apatow par exemple). Il y a bien évidemment les films de Will Ferrell (Frangins Malgré Eux) qui peuvent prétendre à représenter fièrement ce genre de plus en plus désuet (comme si le public actuel cherchait dorénavant un fond et un propos dans des comédies bien lourdes et en ayant parfois honte de rire bêtement devant des films aussi directement puérils), mais ceux-ci sont tellement confidentiels dans notre pays - à l'instar de l'excellent Anchorman 2 directement sorti en vidéo - que l'on ne peut les comparer à cet événement qu'est Dumb & Dumber De.

Tout n'est pas réussi, évidemment, dans cette suite tardive (d'ailleurs, s'il était sorti dans la foulée du premier, on aurait été moins indulgents sur l'aspect copié-collé de certaines vannes), mais il serait dommage de ne pas se replonger un peu dans cet univers régressif dans lequel tout est permis. On pourra émettre un bémol sur la photo, clairement moins belle que celle du précédent (et qui participait grandement à en faire un « beau » film), ou sur le choix de la bande originale, d'habitude le point fort des frères Farrelly, mais on n'attendait tellement rien de ce film que la surprise est plutôt agréable. Et si le premier reste un véritable chef d'oeuvre (même s'il a un peu vieilli, avouons-le), celui-ci n'est pas déshonorant, et ce, malgré d'évidentes faiblesses dans sa dernière partie un peu moins délirante que le reste. On éprouve même beaucoup de tendresse pour les deux couillons.

Oui, on peut comprendre aisément les reproches qui pourront être fait aux deux réalisateurs dont la mise en scène est à l'image de ces deux acteurs vieillissants. Qu'importe, on a trouvé ça drôle et très attachant, donc recommandable !

 

 

Titre original

Dumb & Dumber To

Mise en scène 

Peter et Bobby Farrelly 

Date de sortie

17/12/14 avec Metropolitan

Scénario 

Sean Anders, Mike Cerrone, John Morris, Bennett Yellin, Peter &  Bobby Farrelly

Distribution 

Jim Carrey, Jeff Daniels, Kathleen Turner, Rob Riggle, Rachel Melvin & Laurie Holden

Photographie

Matthew F. Leonetti

Musique

Empire Of The Sun

Support & durée

1.85 : 1 / 109 minutes

Synopsis : Vingt ans après, Lloyd et Harry sont toujours amis – et toujours aussi débiles ! Quand ils apprennent qu’Harry est père, les deux amis se lancent dans un nouveau road trip à la recherche de sa fille. Ils vont sillonner le pays à bord de véhicules toujours plus improbables, semant la folie et le chaos jusqu’à un endroit où ils n’auraient jamais dû pouvoir se retrouver…

 

 

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