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l'Ecran Miroir

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[critique] Comrades, almost a love story

[critique] Comrades, almost a love story

Une romance moderne qui marqua les esprits des jeunes Chinois dans les années 90 et décrocha une floppée de prix dans les festivals asiatiques.

Proposé par Cecilia, membre du staff et participante décalée du Ciné-club Sensation, Comrades, almost a love story s'est avéré être une bonne surprise. Proposé sur un support presque honteux (un DVD au master usé disponible uniquement en cantonais ou mandarin sous-titré en anglais), le film ne paie pas de mine. C'est filmé de manière languissante, cadré près des corps et surtout des visages et on suit au départ les pérégrinations de Jun, Candide expatrié à la recherche d'une place qui lui permettra d'entretenir sa future femme, restée au pays. Hébergé par sa tante Rosie (une femme étrange vivant dans un passé fantasmé où elle aurait rencontré William Holden) dans une maison close, il décroche tant bien que mal un petit job de coursier à vélo. Même s'il n'est pas très futé, Jun est un garçon zélé qui ne rechigne jamais à la tâche, mange le minimum et se contente de peu. Quoique perdu dans l'immensité affairée d'Hong-Kong, il ne s'effraie de rien et prend chaque jour comme une aventure. 

Avec son premier pécule, Jun se rend dans un MacDonald's et a bien du mal à commander un plat. Heureusement, une jeune fille dynamique bien qu'un peu impatiente lui rend service, avant de lui proposer de s'inscrire à des cours d'anglais, puis, une chose en entraînant une autre, de lui donner plusieurs conseils pratiques pour survivre. Petit à petit, Jun va s'attacher à Qiao, qui s'efforce de dissimuler son statut d'immigrée par une détermination féroce et le refus du moindre sentimentalisme. Elle-même finira par reconnaître que Jun est sonseul ami dans la cité tentaculaire et oppressante, un jeune homme généreux et malicieux qui n'hésite pas à lui demander conseil pour n'importe quoi - et même pour sa fiancée restée au pays.

Ni l'un ni l'autre n'ont intérêt à ce que cette amitié pratique ne "dégénère" en quelque chose de plus intime et passionnel : lui est engagé ailleurs, elle ne cherche qu'à s'enrichir pour réussir dans sa vie. Et pourtant...

Par petites séquences intimistes mettant en valeur le jeu précis des comédiens (Leon Lai fait parfaitement le doux rêveur incapable de voir le mal, et Maggie Cheung est exceptionnelle, livrant une performance unique, touchante et radieuse), le film déroule son petit chemin sans ostentation ni dramaturgie excessive. On est plusieurs fois surpris par des fins de séquence dont la musique sucrée laisse penser qu'il s'agit de la fin du film - mais non, on repart dans cette chronique qui aurait pu se dérouler en quelques semaines mais s'étale sur des années, se transformant petit à petit en romance tragique avec un destin trompeur qui se joue de ces amoureux qui ne veulent pas l'être. Assez proche dans l'esprit d'un In the mood for love mais moins "noble", moins soigné (même si quelques plans font état d'une certaine recherche dans la composition) tout en réussissant la plupart de ses scènes romantiques en jouant sur la subtilité de ton, les échanges de regard, les paroles équivoques... On reprochera un montage un peu trop systématique qui appuie la sensibilité des séquences dramatiques par un usage trop voyant de violons et de chansons doucereuses et fait rebondir continuellement cette love story intemporelle. Avec d'auters interprètes, la sauce risquait de ne pas prendre mais ces deux-là réussissent à demeurer sur une étroite ligne entre le mielleux et le tragique, bouleversants de vérité. 

Pas besoin d'être un cador en anglais pour suivre le récit de leur histoire chaotique : laissez-vous bercer, simplement. 

 

 

Titre original

Tian Mi Mi

Réalisation 

Peter Chan

Date de sortie (Hong-Kong)

2 novembre 1996

Scénario 

Ivy Ho

Distribution 

Maggie Cheung, Leon Lai, Christopher Doyle & Eric Tsang

Photographie

Jingle Ma

Musique

Jun Fun Chiu & Tsang-Hei Chiu

Support & durée

DVD Mei Ah zone All, 1.85 :1 / 116 min

 

Synopsis : Jun, jeune homme optimiste à l’esprit simple, débarque un matin à Hong-Kong de son village natal du nord de la Chine, dans le but de trouver de l’argent pour épouser sa fiancée restée au pays. Se heurtant à la pression de la cité et à la barrière de la langue (pour survivre, il lui faudra apprendre le cantonais et l’anglais), il trouve de l’aide auprès de Qiao, une autre immigrée, ambitieuse et indépendante. Très vite, une étrange relation s’installe entre eux…

 

 

[critique] Comrades, almost a love story