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l'Ecran Miroir

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[critique] Rencontre avec Andy Serkis pour La Planète Des Singes : L'Affrontement

[critique] Rencontre avec Andy Serkis pour La Planète Des Singes : L'Affrontement

Ce vendredi matin, nous avons eu l'immense plaisir d'être conviés à la projection de quelques extraits d'un film très attendu : La Planète Des Singes : L'Affrontement de Matt Reeves. Pendant une heure, nous étions en compagnie du talentueux interprète de César, Andy Serkis, venu faire le déplacement pour nous parler avec une passion indéniable de son engagement dans ce projet. Une rencontre captivante autour d'un long-métrage qui s'annonce surprenant et plus intéressant qu'il n'y paraît, derrière son allure de simple divertissement.

Après une brève mais sympathique introduction par le Directeur de la 20th Century Fox France, José Covo, qui a comparé la notoriété d'un Andy Serkis pouvant se balader tranquillement dans la rue sans qu'on le reconnaisse à celle des Daft Punk, voici l'interprète de Gollum, tout en élégance british, qui monte sur la scène du Gaumont Marignan pour nous présenter en exclusivité les premiers extraits de l'un des films les plus attendus cette année, La Planète Des Singes : L'Affrontement, de Matt Reeves. Derrière la petite remarque rigolote de José Covo se cache pourtant un vrai paradoxe, Andy Serkis ayant joué des rôles marquants, plébiscités du grand public, quand bien même peu de monde est en mesure de le deviner sous sa couche de maquillage numérique. Le plus célèbre des inconnus…

L'acteur a pourtant travaillé sous la direction de quelques-uns des plus grands réalisateurs (Steven Spielberg, Peter Jackson), a interprété des figures ultra populaires (King Kong, Godzilla, Haddock, Gollum, César) et a participé à l'évolution du cinéma du futur en devenant le porte-étendard de la performance capture. Ajoutez à ce CV unique en son genre son travail en tant que réalisateur de 2e équipe sur la trilogie du Hobbit, ses nombreuses nominations, son travail de comédien à la télévision, ses prestations au théâtre et son implication dans quelques jeux vidéo, et vous comprendrez que l'on a eu devant nous quelqu'un qui compte énormément dans le monde actuel du cinéma. De toutes manières, pour vous convaincre de la passion qui anime Andy Serkis, il vous suffit de regarder les bonus de la version longue du Hobbit et de l'admirer, dans sa tenue de capture de mouvements avec sa petite caméra devant la tête, lorsqu'il interprète le rôle qui l'a révélé dans le milieu. Les yeux rouges, avec des larmes qui gouttent de ses joues, une violence contenue et une voix qu'il modifie à l'envie, il nous fait complètement oublier son accoutrement que l'on qualifierait volontiers de ridicule pour nous faire croire instantanément qu'il est Gollum. Un travail de comédien dans ce qu'il a de plus simple et naturel.

Lorsqu’on lui demande son avis à propos d'une éventuelle reconnaissance aux Oscars dans la catégorie de la meilleure performance capture, ce dernier rétorque que pour lui, il n'y a aucune différence de jeu entre une captation photochimique d'un acteur et une captation numérique de son jeu maquillé par ordinateur. Selon lui, il n'y a aucune raison de différencier un travail, qui, avant tout, représente l'essence même de ce qui fait le métier de comédien. Aucune frustration égotique, Andy Serkis s'amuse tout simplement à faire ce qui lui plaît. Il vient d'ailleurs d'être récompensé d'un CinemaCon Vanguard Award à la convention de la National Association Of Theatre Owners pour couronner « un génie dans le monde magique du cinéma […] un pionnier de la performance capture, une forme d'art qui a changé à jamais l'univers de l'interprétation ». Fer de lance de ce procédé révolutionnaire, c'est en toute logique qu'il est venu faire le déplacement dans la capitale pour nous parler de son rôle de César dans La Planète Des Singes : L'Affrontement, un film beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît de prime abord. Suite de l'excellent reboot de 2011, on y suit l'évolution parallèle de deux civilisations se reconstruisant après le chaos causé par la propagation d'un virus. D'un côté les hommes, de l'autre les singes. L'Affrontement traitera de leur cohabitation avant la confrontation. C'est en cela que le film surprend : contrairement à ce que son premier teaser laissait présager, il évite l'aspect manichéen que l'on pouvait craindre. Andy Serkis l'a bien répété (NDLR. Vous pouvez vous en faire une idée dans la featurette proposée ci-dessous, ou carrément regarder le roadshow.) : on est dans l'empathie, on ne nous impose aucun jugement sur le bien-fondé des actions des protagonistes (et encore moins de « gentils » ou de « méchants »). A ce sujet, les 20 premières minutes du film se concentrent uniquement sur la vie en communauté des singes qui apprennent à communiquer entre eux et à instaurer des règles de vie en société. Nous n'avons pas vu beaucoup d'extraits, mais ce passage semble pertinent dans la volonté de nous faire - une fois de plus - accepter la condition de ces singes en quête de liberté. Il va sans dire que ce que nous avons pu voir relève d'un nouvel exploit technique, avec un bond énorme depuis le premier film déjà convaincant en termes de réalisme (physique et comportemental en ce qui concerne les attitudes naturelles de ces singes interprétés en capture de mouvements). Nous avons cependant un doute sur la nécessité de sous-titrer les dialogues entre eux. Il aurait peut-être été plus immersif de ne pas totalement les comprendre, d'autant plus que César, le leader, a la faculté de parler dans un anglais parfaitement clair et qu'il tente de l'apprendre à ses semblables.

Nous avons ensuite eu droit à la première rencontre en 10 ans (car la suite se déroule bien après l'action du premier opus) entre un homme et un singe, qui, comme vous l'aurez compris, ne se conclura pas dans la joie et la bonne humeur la plus totale. Dans cette courte scène, nous avons surtout constaté les talents de conciliateur de César, cherchant à tout prix à éviter les conflits malgré les oppositions parfois tenaces de certains de ses « amis », dont le fameux singe balafré du film de Rupert Wyatt de 2011. Andy Serkis nous a alors expliqué que le scénario nécessitera l'intervention des hommes dans le territoire des singes. Ces derniers acceptent la présence d'un groupe constitué de quelques individus uniquement. On a alors pu découvrir une belle séquence dans laquelle la présence des hommes commence à être tolérée. Une séquence mettant en avant, et en parallèle, les similitudes et liens familiaux qui unissent les deux héros du film : Malcolm, l'homme joué par Jason Clarke (Gatsby Le Magnifique) et César le singe joué par Andy Serkis (Le Seigneur Des Anneaux), tous deux pères. A ce stade, on ne doute pas qu'une réelle entente entre ces espèces puisse de nouveau être envisagée. C'est sans compter l'extrait que l'on nous a projeté ensuite, une confrontation verbale entre le rassemblement des hommes mené par un Gary Oldman réfractaire à toute diplomatie avec les singes, et le clan de ceux-ci, mené par un César charismatique sur son cheval, devant une foule de primates décidés à passer à l'attaque au moindre écart de leurs adversaires. Nous n'en saurons pas plus, tout comme nous ne saurons pas ce qui est à l'origine de cet affrontement issu du titre du film en question. Il semblerait qu'un indice se soit dissimulé dans le nouveau trailer qui nous a été présenté ensuite, avec le passage que tout le monde aura sans doute retenu : le singe balafré, dont l'imprévisibilté nous aura instantanément rappelé le Joker. Une scène d'une violence surprenante, qui nous a complètement scotchés par sa tension permanente et la qualité de la mise en scène, jouant avec les attentes et les ruptures de ton. Si vous pensez que les singes sont effrayants, le film devrait vous faire de l'effet. Mais le peu que l'on en a vu, malgré des effets spéciaux encore perfectibles (en effet, certains plans n'étaient pas du tout texturés et l'on voyait à travers certaines images de singes l'acteur en combinaison de capture de mouvements - et l'on se rend d'autant plus compte du travail fourni par les équipes de Weta et des acteurs se dissimulant sous les visages numériques de singes), promet de faire de ce film une « véritable » suite, s'inscrivant dans une mythologie que beaucoup pensent connaître, mais qui au final s'avère bien plus intéressante qu'il n'y paraît. Pour une fois, remonter justement aux origines d'un univers populaire semble avoir un réel sens : plus qu'être une parabole sur notre société souvent autorisée par le genre du film de SF, c'est dans la compréhension de l'élaboration de cet univers, sur la fondation d'une civilisation amenée à dominer cette « planète », que cette nouvelle franchise, ce reboot, trouve une justification solide. Comment, pour la première fois, nous faire nous questionner (et pas seulement avec la dernière image du film), nous amener à reconsidérer chaque partie, nous apprendre à comprendre le point de vue de l'autre. Cette absence de manichéisme, constaté également dans ce nouveau film (on se souvient bien entendu tous de notre attachement à César dans le premier opus), reste la plus belle des qualités d'un reboot que l'on a potentiellement pu qualifier à l'époque à tort d'inutile, car si l'on apprécie bien évidemment le travail époustouflant des petits génies de la boîte de Peter Jackson, et la formidable interprétation d'acteurs cachés derrière un maquillage numérique hallucinant de réalisme, c'est surtout grâce à son histoire nous mettant face à nos préjugés sur la nature du bien et du mal que l'on apprécie cette Planète Des Singes. Il va sans dire que l'on a hâte de voir le film dans sa totalité.

Dès que nous les aurons, nous mettrons en ligne les photos et vidéos de cette rencontre captivante. Nous remercions bien évidemment Way To Blue et la 20th Century Fox pour nous avoir permis de rencontrer Andy Serkis, un acteur au talent inversement proportionnel à sa notoriété (tout le monde l'admire sans même savoir son nom). Il nous a confirmé la réalisation du Livre De La Jungle pour Disney, comme quoi, il semble très apprécié des studios après avoir travaillé pour New Line, la Fox, Warner, et Sony.

 

 

Titre original

Dawn of the Planet of the Apes

Réalisation 

Matt Reeves

Date de sortie

30 juillet 2014 avec la Fox

Scénario 

Burns, Jaffa, Silver & Bomback

Distribution 

Andy Serkis, Jason Clarke & Gary Oldman

Photographie

Michael Seresin

Musique

Michael Giacchino

Support & durée

35 mm

 

 

Synopsis : Une nation de plus en plus nombreuse de singes génétiquement évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui ont survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui imposera l’espèce dominante sur Terre.

[critique] Rencontre avec Andy Serkis pour La Planète Des Singes : L'Affrontement