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l'Ecran Miroir

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Festival du Film asiatique de Deauville - jour 3 : le Promeneur d'oiseau

Festival du Film asiatique de Deauville - jour 3 : le Promeneur d'oiseau


16e Festival du film asiatique de Deauville
J3 - samedi 8 mars 2014
 


20h : Juste avant la cérémonie de remise des prix, un hommage à Tsai Ming-Liang, réalisateur taïwanais, est rendu par Claire Denis, présidente du jury, qui adore le réalisateur et le démontre par un discours improvisé, long et malheureusement un peu brouillon. Le réalisateur la remercie car Claire Denis l'a influencé dans ses choix artistiques, tout comme le film Un homme & une femme de Claude Lelouch, tourné justement à Deauville.

21h : la cérémonie est close, mais le Festival n'est pas encore tout à fait achevé, certains films  hors-compétition restant encore à l'affiche du lendemain. Mais surtout, le réalisateur français Philippe Muyl et ses 3 producteurs viennent présenter leur film sino-français le Promeneur d'oiseau...

La genèse de cette oeuvre singulière se situe à l'époque où Philippe Muyl a réalisé le Papillon, un film qui a eu un énorme succès en Chine... Succès  inattendu qui a conduit Ning Ning, la femme chinoise d'un producteur français, à contacter Philippe pour ce projet, qui mettra 4 ans à voir le jour.

C'est l'histoire de Zhigen, un veuf, qui voit très peu sa petite fille depuis qu'il s'est embrouillé avec son fils, mais sa belle-fille accepte malgré tout de la lui confier car elle doit partir en voyages d'affaires. Zhigen décide de l'emmener dans son village natal pour y accomplir le dernier voeu de sa femme : libérer un oiseau...

Ce joli conte clôt en beauté le Festival du film asiatique de Deauville. C'est un  film léger, sans aucun méchant, qui nous montre de magnifiques paysages (le film a principalement été tourné à Pékin et dans la province du Guangxi) baignés de bons sentiments et de valeurs simples, traditionnelles et familiales. J'avoue que, de temps en temps, un petit film humaniste comme celui-là, ça nous fait du bien.

Le Promeneur d'oiseau est coproduit par Pan Eurasia Films, Stellar Mega et Envision Films.


 

Titre original

le Promeneur d'oiseau

Mise en scène 

Philippe Muyl

Date de sortie

7 mai 2014 avec UGC

Scénario 

Philippe Muyl

Distribution 

Baotian Li, Li Xiao Ran & Yang Xin Yi

Photographie

Sun Ming

Musique

Armand Amar

Support & durée

35 mm / 100 min

 

 

Synopsis : Afin de tenir la promesse faite à sa femme, Zhigen décide de retourner dans son village natal pour y libérer son oiseau, unique compagnon de ses vieilles années. Il prévoyait de faire ce périple en solitaire, mais on lui confie Renxing, sa petite-fille, jeune citadine gâtée, contrainte de partir avec lui.
Au cours de ce voyage aux confins de la Chine traditionnelle, dans une nature magnifique, ces deux êtres que tout sépare vont se dévoiler l’un à l’autre, partager des souvenirs et des aventures. La petite fille va découvrir de nouvelles valeurs, et particulièrement celles du cœur.

 
Festival du Film asiatique de Deauville - jour 3 : le Promeneur d'oiseau

On ne fait pas un tel film avec des idées préconçues : la seule approche qui me semblait envisageable, c’était d’être une éponge et de m’inspirer de la philosophie du judo ! Autrement dit, dans mes rencontres, je n’ai pas cherché à passer en force, mais à utiliser l’énergie que me donnait mon interlocuteur.
Aujourd’hui, je m’aperçois que je pensais gravir une montagne dont je ne voyais pas le sommet, mais qu’en réalité j’ai fait un vrai saut dans le vide.

Philippe Muyl

Par exemple, je voulais qu’il y ait un conflit entre le père et le fils pour des raisons dramaturgiques. Mais on m’a expliqué qu’un fils respectait son père et
ne pouvait pas se disputer ouvertement avec lui. C’est l’héritage de la philosophie confucéenne qui impose le respect des aînés. À la fin d’une réunion de travail, j’ai dit à mon assistante, qui me servait d’interprète, que je ne comprenais pas : elle m’a raconté qu’elle-même ne parlait plus à son père, mais sans jamais être en conflit avec lui ! Du coup, lorsque le grand-père commet une faute majeure à l’égard de sa petite-fille, le père refuse de lui adresser la parole, mais sans l’invectiver.

Philippe Muyl

C’est un voyage vers les racines : le grand-père repart vers son passé, tandis que sa petite-fille découvre d’où elle vient. Il y a donc une introspection dans le voyage qui, effectivement, possède un caractère initiatique : la fillette va à la rencontre de son identité la plus profonde, ce qui va la changer à tout jamais. Pour moi, c’est le propre d’un voyage initiatique que de vous ramener à votre être profond.